Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Mai 2009 , n°8

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... Shadwk

Shadwk :: Les Pauses inutiles

Présentation de la saga

Présentées sur SynopsLive dès le 27 octobre 2007 au rythme d'une pastille par semaine en moyenne, Les Pauses Inutiles sont une série de monos MP3. Écrits, interprétés et réalisés entièrement par Shadwk, ces monos humoristiques abordent différents thèmes : le théâtre, l'hôpital, une enquête, et ce à la manière des Deux minutes du Peuple. L'auteur s'est d'ailleurs inspiré de la forme de celles-ci pour ses monos : ceux-ci présentent une action au déroulement et dénouement rapide et s'axent sur les calembours ; l'auteur reconnait s'inspirer de François Pérusse, dont il nie le plagiat car, il l'a souvent répété, les gags de ses sketchs viennent de sa propre inspiration et il ne les a jamais entendu dans Les Deux minutes. Dernières réalisations du créateur d'une durée variant entre deux et trois minutes, Les Pauses Inutiles, au nombre de quinze, s'axent sur l'humour des jeux de mots et voient parfois l'ambiance moins travaillée. Dotées de plusieurs gags par scène (un bon mot par dialogue), servies par une interprétation extériorisée voire burlesque et réalisées un peu plus sommairement, Les Pauses Inutiles ont pris fin le 14 aout 2008 quand Shadwk s'est retiré de la sagasphère active. Cependant, le 9 mai 2009 sort le seizième opus, alors que Shadwk constatait que ses créations étaient encore téléchargées. Un dix-septième est prévu.

Waïl Kinderstein

Critique

Le rire est le but avoué des Pauses Inutiles, et on peut dire que Shadwk fait tout pour l’atteindre. Alignant des jeux de mots souvent bien trouvés à une fréquence élevée et à un rythme infernal, il crée un véritable effet de ballotement : à peine l’auditeur a-t-il pu savourer (voire comprendre) un calembour, qu’un deuxième vient aussitôt le cueillir, et ainsi de suite, durant tout l'épisode. Mis à part les jeux de mots, l’humour du créateur, parfois relativement scatophile, s’épanouit avec les possibilités sonores du format MP3 : nombreuses sont les expressions transposées littéralement en son, provoquant immanquablement le sourire ou le rire de l’auditeur. Tout cela ne conviendra bien évidemment pas à tous, il faut adhérer au style humoristique de Shadwk. Quoi qu’il en soit, une consommation par petites doses est préférable.

Le scénario, ou plutôt les scénarii, quant à eux, abordent des thématiques classiques (l’hôpital, l’enquête policière...) en les traitant d’une manière simple, originale et plutôt cavalière. Ils mettent en scène de nombreux personnages caricaturaux ou simplement déjantés : il ne faut donc pas s’attendre à quelque chose de crédible, ce n’est tout simplement pas le but. On pourra aussi relever un défaut, inhérent à la mise en scène et au style du créateur : ça va parfois trop vite pour qu’on comprenne tout.

Abordons maintenant le jeu d’acteur : résolument tonique, souvent outré (là encore, ça fait partie du style), on notera la présence d’une intonation particulière et récurrente, propre à Shadwk, et qui met l’accent sur le principal défaut à ce niveau : tous les personnages sont joué par le même comédien. On en comprend les raisons, il serait plus difficile de tenir un rythme aussi soutenu avec plusieurs participants, mais la série aurait peut-être gagné à une meilleure diversité des voix. Puisqu’on en parle, certaines sont assez bizarres, on entend ici la limite que pose un rapport déséquilibré entre le nombre de personnages et le nombre d’acteurs.

Enfin, la qualité sonore est impeccable : aucun problème au niveau des voix ne se fait sentir. Par contre, on pourra regretter le manque récurrent de bruitages et le simplisme de la mise en scène, même si, là encore, l’immersion de l’auditeur n’est clairement pas le but de Shadwk.

Pour conclure, on pourra rapprocher les Pauses Inutiles des célèbres Deux Minutes du Peuple de Pérusse : rythme effréné, calembours verbaux et sonores à la chaîne, scénario expéditif et cohérents avec le style de Shadwk... On émettra cependant des réserves sur le jeu d’acteur trop peu diversifié, et sur la mise en scène trop peu conséquente.

Humour : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2::
Les Pauses Inutiles est certainement la série dont la densité de jeu de mots à la minute est la plus élevée. On pense immédiatement à Pérusse, ce qui donne un aperçu de la qualité du travail humoristique de Shadwk.

Scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Le traitement des intrigues classiques, sommaires et peu crédibles des différentes pastilles de la série est cohérent avec le style de l’ensemble : expéditif. Et ça marche, ou plutôt ça fonce !

Jeu d’acteur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2:: ::etoile0:: ::etoile0::
C’est ici que le bât blesse : le manque de diversité des voix plombe un peu la série, et l’enthousiasme de Shadwk peine à rattraper cet écueil.

Qualité sonore : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::
Aucun problème particulier, si ce n’est la mise en scène basique et le manque de bruitage.

Simontheb

Avis de la rédaction

Kak Miortvi Pengvin: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Shadwk serait-il le fils caché de Pérusse? Je n'en sais rien mais il est tout à fait certain qu'il maîtrise les calembours avec excellence.

Melfice: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2:: ::etoile0::
Agréables à entendre, les Pauses Inutiles ont leur rythme propre. Encore éloignées du maître Pérussien, elles sont tout de même agréables à déguster.

Waïl Kinderstein: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Bonnes reprises du style pérussien, Les Pauses en reprennent plusieurs caractéristiques. Une pastille est l'entracte idéal entre deux sagas, voire épisodes.