Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Décembre 2008, n°5

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... Phone (suite)

Critique de la saga

Phone est une fable sombre et épique sur l’amour et le pouvoir (symbolisé ici par le portable). L’intrigue est d’autant plus percutante que Damien, le héros, n’est qu’un étudiant français tout ce qu’il y a de plus lambda : l’auditeur s’identifie donc très facilement à lui. On sera légèrement surpris par la tournure plus « classique » que prend assez rapidement le scénario. C’est un choix qui se justifie, mais ce qui fait défaut, c’est la réalité, la « tangibilité » du futur post-apocalyptique visité par Damien : jamais on n'entend un civil, et on a l’impression que ce monde est divisé en deux petites catégories bien nettes de gens qui s’opposent. Cet écueil (dû au nombre d’épisodes restreint pour une telle intrigue) nuit un peu à la crédibilité de l’ensemble, ce qui est dommage puisqu’un des points forts de Phone est justement son ambiance sombre.

La qualité sonore est irréprochable. Pas un seul pop, clic ou défaut de montage. Les voix sont de qualité, les bruitages et musiques sont très bien choisis et immergent parfaitement l’auditeur dans l’action. Les personnages secondaires ne se confondent pas. Il n’y a tout simplement rien à dire tellement c’est parfait.

Le jeu d’acteur est excellent. Tostaky habite le personnage principal, à tel point qu’on a rarement entendu un jeu aussi crédible. S’il est pointilleux, l’auditeur relèvera néanmoins que la plupart des personnages sont interprétés par la même personne ce qui fait que ceux-ci ont plus ou moins la même façon de parler. Et une bonne ambiance se construit entre autres à partir d'un éventail d'interprétations hétérogènes mais à lui seul, le créateur n'y parvient pas. Bien que présent, ce défaut reste mineur la plupart du temps.

La mise en scène est un autre point fort de cette saga. Dans Phone, l’auditeur découvre qu’une tonalité de téléphone peut mettre mal à l’aise, voire faire peur. Et à l’écoute des batailles entre insurgés et soldats, un mot entre tous vient à l’esprit : violence. Violence des tirs, violences des explosions, violence des corps à corps, bref : violence des combats, magnifiquement rendue. Même lorsque la boucherie est lointaine et réduite en fond sonore, on est soulagé de ne pas être en plein dedans. Voilà pour les scènes d’actions qui sont, vous l’aurez compris, très réussies (ça vaut également pour les bagarres entre lycéens). Maintenant, il faut aborder l’un des principaux points noirs de la saga : les longueurs. Régulièrement, des séquences émotions viennent plomber le rythme de l’action. C’est souvent justifié et parfois efficace, mais trop présent. A quasiment tous les épisodes, l'auditeur subit les états d'âme de Damien et a tendance à s’en lasser.

En résumé, Phone est une saga unique en son genre, d’une qualité et d’une originalité à toute épreuve. Dommage que sa faible durée ait empêché le créateur de dresser un portait moins lacunaire d’un monde post-apocalyptique à l’ambiance bien glauque, et que des longueurs brisent parfois le rythme de l’intrigue.

Texte : * * * *
Un scénario épique dans un futur qui aurait pu être plus développé.

Son : * * * * *
Aucun défaut technique ne vient perturber l’auditeur, et l’immersion en est grandement facilitée.

Jeu d'acteur : * * * * ⋅
L’interprétation de Tostaky est totalement en phase avec sa saga. Cependant, la répétition des intonations de voix des figurants reste un détail légèrement gênant pour certains auditeurs.

Mise en scène : * * * *
Les scènes de combat sont époustouflantes, mais les séquences émotions sont souvent trop appuyées, trop récurrentes.

Simontheb

Avis de la rédaction

Kak Miortvi Pengvin : * * * ⋅
Bien que je n'ai jamais réellement accroché à la technique et à plusieurs choix scénaristiques, je tiens à saluer les très gros efforts d'écriture et la recherche d'inédit de Tostaky.

melfice737 : * * * ⋅
Proposant un univers original et unique dans la sagasphère, Phone est à découvrir pour tout bon auditeur que ce soit.

Spikly : * * * *
Un bon prétexte pour écouter la saison 2...