Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Eté 2015 , n°24

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... La Breluche Dorée

Présentation de la saga

Jimmy Carlton et Darling Lily sont deux détectives New-Yorkais travaillant en binôme. Malheureusement, on ne peut pas dire qu'ils comptent parmi l'élite de la profession : les deux compères ont même la fâcheuse habitude de faire capoter toutes les affaires qu'on leur confie... C'est durant une nouvelle journée sans histoire que l'intrigante Georges va se présenter à eux et leur demander de retrouver la mystérieuse, mythique et ancestrale breluche dorée. Nous allons donc suivre Carlton et Lily au fil de leur enquête, qui ne sera pas de tout repos.

La breluche dorée est une saga de Walter Proof commencée en 2012. Elle compte (pour l'heure) 18 épisodes correspondant à la première saison de l'aventure (une deuxième saison est en préparation). L'intégralité de cette saison est disponible en un seul montage de plus d'une heure et demie, gratuit sur le site de Walter Proof : L'inaudible ou sur PodCloud. Cette saga est un hommage aux films policiers et d'aventure, résolument tourné vers l'humour.

Critique de la saga

Alors qu'au sein de la rédaction, tout le monde semble être plus motivé que jamais, il fut décidé dans un élan de folie et d'ivresse que nous allions nous pencher sur les productions de Walter Proof.
J'ai décidé de m'intéresser à la saga La breluche dorée, que je connaissais de nom sans avoir jamais eu d'attrait particulier jusqu'alors... Mais le désir d'aventure et de découverte grondait et ma conscience journalistique me hurlait de foncer afin de rapporter mes impressions au lecteur. Comme dirait l'autre : « du journalisme total ».

Qu'y a-t-il donc à dire sur la breluche dorée ? Eh bien, je vais vous le dire tout de suite, là, maintenant, parce qu'on est des déglingos à MagP3.

Scénario

Le synopsis de base est relativement simple. Une femme prénommée Georges vient consulter nos deux héros, Jimmy Carlton et Darling Lily, deux détectives avec une assez mauvaise réputation, pour leur proposer une affaire d'envergure : retrouver la légendaire breluche dorée, qui aurait été portée par les plus grands personnages de l'histoire. Evidemment, cette recherche ne se fera pas sans heurts... Des intrigues se trament dans l'ombre et des ennemis apparaissent, tel un scientifique fou à l'accent québécois particulièrement prononcé.

Les personnages sont tous très sympathiques : héros, méchant, personnages secondaires, ils possèdent tous un caractère propre et affirmé, qu'ils soient construits sur la base de clichés ou sur un certain mode de pensée.

Pour ce qui est de la construction et du développement de l'histoire, Walter Proof a réussi à nous ficeler quelque chose de plutôt bonne qualité. Le déroulement de l'action est fluide et clair, il sait quand placer les ellipses et on comprend bien ce qui se passe et pourquoi. A aucun moment on ne se sent perdu et à aucun moment on n'a l'impression d'avoir loupé quelque chose qui nous empêcherait d'apprécier ce qui se joue dans nos oreilles.
De plus, l'auteur parvient à inscrire son histoire dans le monde réel — un monde que nous connaissons et qui nous parle, mais qu'on a tout de même envie de découvrir. Plusieurs éléments diffèrent de la réalité, ce qui donne lieu à quelques moments ou blagues très comiques, tels que les allusions aux goûts culinaires étranges des différents protagonistes, ou l'exploration d'une jungle amazonienne dans laquelle on rencontre d’étranges animaux.

Bref, une histoire maitrisée servie par un bon sens de l'humour et de bons personnages.

Jeu d'acteur

Il y a une petite prolifération d'acteurs différents dans la breluche dorée et chacun joue son rôle à la perfection. Une mention spéciale mérite d'être accordée au personnage du professeur Glutamate, joué par Jean-Seb qui est absolument jouissif dans tout ce qu'il dit et fait.

Il n'y a réellement pas grand-chose à en dire, aucun reproche en particulier, je trouve sincèrement que tous les acteurs sont dans le ton juste et donnent toute la dimension que mérite leur rôle, on reconnait bien les différents personnages, on n'a aucun doute sur l'identité de chacun. Bien évidemment, il y a quelques petits moments moins bien, mais ils sont rares et ne sont pas particulièrement gênants, ni même troublants. En définitif, on a donc une très bonne direction d'acteur ainsi qu'un très bon casting, à mon sens.

Réalisation

De ce que l'on peut entendre dans la breluche dorée, la réalisation est maîtrisée, la prise de son est plus que correcte et le montage très satisfaisant. Au tout début de la saga, on peut entendre parfois un léger temps de latence entre les répliques de plusieurs personnages, mais ce défaut est rapidement corrigé et plus rien ne vient entraver la bonne marche de l'histoire ou le plaisir de l'auditeur.

Ayant écouté cette saga au casque et aux enceintes, il ne me semble pas avoir relevé de problèmes de saturations ou de pops. Là encore on remarque donc le soin apporté à la réalisation de cette saga, qui n'a pas à rougir à ce niveau-là non plus.

Pour finir, je dirais simplement que cette production est un très bon cru dans ce qui se fait ces derniers temps dans la sagasphère. Elle n'atteindra peut-être pas le statut culte d'un Reflets d'acide ou d'un Donjon de Naheulbeuk, mais elle reste fort agréable à écouter, de par son histoire, ses personnages ou son ambiance. Je me suis même surpris à penser à Flo à divers moments, pour ce qui est de la façon de parler de Carlton par exemple.
Pour le reste, l'histoire s'installe tranquillement, les gags sont plutôt bons et tout ce qu'on attend désormais, c'est la saison 2 ! J'espère sincèrement qu'elle sera d'un aussi bon calibre que cette première saison, voire meilleure.

Fox

Avis de la rédaction

MimiRyudo : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
La breluche dorée est probablement l'une des sagas les plus absurdes qui existent. Elle partage un goût pour l'aventure ludique avec les Explorateurs de l'improbable (David Uystpruyst) ou les Yeux de l'Ange Bleu (Antoine Rouaud) ; elle évoque l'absurdité qui règne dans H2G2 (Nicolas Botti, d'après Douglas Adams)... Mais ces liens sont vagues : en réalité, la breluche dorée ne ressemble vraiment qu'à l'univers farfelu de Walter Proof. Le scénario est forcément un peu décousu, puisque tout est permis, mais l'humour, le jeu d'acteur et la réalisation nous donnent pleinement envie de rester à l'écoute après chaque "A suivreeeeeeeee" !