Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Juillet 2014 , n°22

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... Poséidôme

Poséidôme

Présentation de la saga

Nous avons déjà parlé d'Audiodramax dans les MagP3 n°15 (Jean-Yves Belgiglio / Jay), et MagP3 n°20 (Antoine Rouaud / Buxley). C'est aujourd'hui au tour du troisième comparse d'être au cœur d'un numéro de notre webzine.

Audiodramax a ouvert ses portes sur ses mondes parallèles le premier janvier 2011. Dix jours plus tard, David Uystpruyst proposait le premier épisode de Poséidôme. Après plusieurs one-shots de qualité, David débutait alors sa première – et actuellement seule – série audio. Les quinze épisodes ont été publiés entre janvier 2011 et février 2012, avec une régularité faisant rêver la rédaction de MagP3.
En mars 2011, l'épisode 6 était proposé en avant-première sur SynopsLive.
La série a été diffusée dans son intégralité (1 heure 12) à Paris lors du salon Le Radio ! en février 2012, et lors du 11ème (et dernier) festival des Radiophonies en septembre 2012 (hors compétition) – là où je l'ai vraiment découverte, sur le tard.
Deux mois plus tard, en automne 2012, la Société des Gens de Lettres décernait son Grand Prix de la Fiction Radiophonique à Poséidôme.
La série est disponible librement sur Audiodramax et à l'achat, dans la partie Collectors du même site.

De quoi parle Poséidôme ? Dans son dôme sous-marin de 78 mètres carrés, à quelque deux cents mètres de profondeur, le Docteur Ambrosia a pour mission de guider des espèces animales aquatiques en dehors des zones mortes. En janvier 2027, il perd tout contact avec la surface. Suivant la procédure, il débute un journal audio...

Critique de la saga

Poséidôme est une pièce de Maître (ou masterpiece comme ils disent au nord et à l'ouest). Dans le domaine du journal audio, c'est de loin de la saga la plus immersive (ah ah !) qu'il m'ait été donné d'entendre.

Pour juger les textes, il faut se mettre à la place de l'auteur. Tenir un monologue pendant 1 heure 12, en évitant au maximum les répétitions, en distillant des informations à un rythme régulier (ni trop vite, ni trop tard), c'est un vrai défi. Clairement, si c'était raté, l'auditeur ne comprendrait rien ou trouverait l'écoute affreusement longue. Ce n'est pas le cas, mais alors pas du tout. La fin elle-même reste en mémoire, longtemps après l'écoute.
Pour juger le jeu d'acteur, il faut se mettre à la pla... Oui, voilà, vous avez compris. Là encore, le défi de tenir l'auditeur en haleine pendant 1 heure 12 en parlant seul est bien relevé par David Uystpruyst. Son jeu est très naturel, la voix est profonde et contribue par son rythme à créer l'ambiance si immersive de la saga. Et pour faire une saga sur un Robinson des mers, il faut quand même oser !

Les textes et le jeu d'acteur pourraient être très bons que nous aurions là un livre audio assez sympathique. Mais non, ce n'est pas tout ! Dans Poséidôme, vous vivez les fonds sous-marins comme si vous lisiez du Jules Verne, vous sentez des odeurs marines, vous entendez des dauphins, vous tremblez de froid et de peur, vous êtes aveuglés par le noir des profondeurs... Ce qui transcende réellement Poséidôme, ce sont les ambiances créées par l'auteur. Et là, franchement, c'est de l'orfèvrerie.
Sur Audiodramax, David Uystpruyst nous raconte cette anecdote, datant de fin 2010 : « j'enregistrais des sons de flaques d'eau gelée et craquelée en bords de Seine, après la tombée de la neige... J'ignorais ce que j'en ferai. »
C'est exactement ça. Un travail minutieux d'horloger suisse, de maître Zacharius, pour rester sur l'analogie Vernienne.

Est-ce tout ? Non. Cerise ultime sur le gâteau, David Uystpruyst se permet de composer une très belle musique, la Lumière de verre. On la découvre dans l'épisode 5 (« Instrument »), puis on la retrouve ponctuellement dans la suite de la série, comme la dernière trace d'humanité tentant vainement de s'imprimer dans les fonds sous-marins.
L'une des meilleures sagas que je connaisse, une œuvre minutieuse d'une beauté certaine, à découvrir sans hésitation.

Scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12::

Histoire et dialogues sont excellents, avec une variation de rythme bien maîtrisée. La conclusion surprend, globalement en bien.

Jeu d'acteur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::

Un auteur-acteur qui s'écrit un rôle qu'il maîtrise, ça donne un très bon jeu sans faute.

Réalisation : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::

Du très beau son, bien travaillé, au service d'une saga toute en ambiances et atmosphères.

MimiRyudo

Avis de la rédaction

Kak Miortvi Pengvin : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile::
Comme toutes les créations de David Uystpruyst, Poséidôme est avant tout une histoire racontée avec style. Le style qui vous fait voyager dans un univers envoûtant rien qu'en fermant les yeux. Découvrez cette histoire et laissez-vous balayer par l'immensité des océans.

Xzimnut : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12:: ::etoile0::
Un véritable chef-d’œuvre de bout en bout, tant sur le plan technique qu’artistique. On aime autant cette série pour son début mystérieux que pour sa fin haletante.

Fox : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Poséidôme est une saga dans la droite lignée de ce qu’a quasi toujours fait David Uystpruyst. La différence résidant justement dans le fait qu’il s’agisse d’une saga et non d’un mono et dans le mode de narration qui prend la forme d’un journal de bord. On atteint certainement ici le summum de la création sonore d’ambiance, on note une réalisation impeccable créant une atmosphère lourde qui créée un sentiment de mal-être assez impressionnant. De plus il est important de remarquer le message sous-jacent derrière cette saga tout de même assez clair dans le dernier épisode. Bref à écouter, mais tout de même à déconseiller si vous êtes déprimé.