Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Rentrée 2013 , n°21

 

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La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... Auroria Cretinum

Auroria Cretinum

Présentation de la saga

Nous l’avons vu précédemment, le genre de l’heroic-fantasy a écrit les plus belles pages de la saga mp3 grâce à des créations telles que Reflets d’Acide, le Donjon de Naheulbeuk ou la Taverne de Kadelfek. Créées il y a une dizaine d’années, leurs créateurs ont inventé les canons qu’utilisent les auteurs actuels et en ont inspiré plus d’un. Et parfois même plus qu’inspirer ! D’où un nombre de sagas médiocres (ou pire, de plagiats sans vergogne) plus important dans ce genre que dans n’importe quel autre. Il fallait donc lui redonner ses titres de noblesse ! Auroria Cretinum tente de le faire en réutilisant ces codes qui ont fait leur preuve, mais avec le talent et l’inventivité qui ont pu manquer à d’autres. Elle n’est certes pas originale, mais après tout, ce n’est peut-être pas l’intention de ses auteurs, qui ont simplement voulu faire quelque chose de bon.

Née de l'imagination d'Azirianth, Athanase et Grinnwald, trois amis unis par la volonté de faire rigoler les internautes et regroupés sous le nom des Grymtos, Auroria Cretinum compte à ce jour 9 épisodes pour une durée d'une heure et 20 minutes. Comme prévu, le scénario tient sur un mouchoir de poche : cinq aventuriers partent chercher un mystérieux grimoire pour le compte d’un puissant mage, point barre. Mais alors pourquoi faire sa promotion quand d’autres créateurs s’échinent à créer des histoires originales ? Et bien parce que cette saga pète le feu et est indéniablement drôle, et il ne faut pas dévaloriser l’importance de cet aspect qui a été l'un des moteurs de l’apparition des sagas mp3. Il est parfois bon de revenir aux fondamentaux et de passer tout simplement un moment agréable à l’écoute d’une bonne saga qui ne se prend pas la tête : c’est pourquoi nous vanterons ici les mérites de celles qui le font bien, et qui méritent plus que 4 bravos.

Critique de la saga

Auroria Cretinum fait sienne le vieil adage qui dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Les personnages ont déjà été vus et revus des centaines de fois et l’histoire n’est pas très originale, mais tout cela est tellement compensé par le jeu d’acteur dynamique et les dialogues aux petits oignons que ce serait vraiment une erreur de s'arrêter à la première impression. Ce serait se priver des calculs foireux d’une magicienne totalement déconnectée de la réalité, des complexes du demi-elfe n’assumant pas ses deux origines et enfin — et surtout — des tests de survie absolument délirants d’un halfelin complètement allumé. Il n'y a aucun temps mort, les créateurs utilisant savamment le comique de situation. Je le répète : il n’y a rien de très novateur dans cette saga, mais les auteurs réutilisent ces codes avec tellement de brio que l'on y prend autant de plaisir.

Scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12:: ::etoile0::

La simplicité de l’histoire d’Auroria Cretinum est très largement compensée par l’humour cinglant qui foisonne partout dans cette saga. Le rythme effréné, mis en valeur par un jeu d’acteur au poil et une mise en scène tout aussi dynamique, ne s’essouffle jamais du début à la fin de l’histoire. Tout est prétexte à la rigolade, et la plupart du temps avec succès en plus.
On peut saluer le fait que la saga évite quelques clichés vraiment éculés tels que le nain chiant ou les querelles entre nain et elfe.

Jeu d'acteur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::

Le jeu d’acteur colle totalement avec le texte : énergique, percutant et infatigable... et sans pour autant en devenir lourd ou gêner la compréhension. Les performances sont convaincantes, les personnages passent à peu près par toutes les émotions. Quant aux voix, il faut souligner l’assez grande diversité quand on sait que c’est le même acteur qui joue tous les personnages (sauf l’un d’eux qui arrive assez tard dans la saga). A quelques occasions seulement, on a du mal à distinguer le demi-elfe de l’halfelin. Un autre bémol concerne un passage (dont on ne sait pas s’il reflète un choix artistique ou l’état réel de l’acteur) où la magicienne tombe malade et son timbre de voix éraillé est plutôt pénible à écouter, même s'il n’est heureusement que passager.

Réalisation : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::

La mise en scène est honorable, elle n’est pas ratée sans pour autant nous éblouir. Les différents tableaux sont bien mis en scène, on reconnaît une grotte, une ville ou une forêt, mais on n'en est pas à avoir l'impression de marcher aux côtés des aventuriers. On peut entendre quelques saturations et pops çà et là, mais il n’y a pas de sauts de volume dangereux pour les oreilles.

En résumé, au-delà de l’heroic fantasy, Auroria Cretinum est une bonne saga humoristique. Et elle n’attend que vos encouragements pour continuer, puisque les auteurs ont annoncé en novembre dernier qu’ils décidaient de relancer la saga, après un an de pause. En espérant que cette saine initiative en inspire d’autre !

Xzimnut

Interview

Qu'est-ce qui vous a poussé avec tes petits camarades à vous lancer dans cette aventure qu'est la création d'une saga mp3 ?

Ça a commencé avec Azirianth et moi. Nos 2 papas sont musiciens et avaient joué dans le même groupe durant une période. Nos parents se sont retrouvés plus tard un peu par hasard quand nous avions 15-16 ans. On s’est très vite bien entendu, on délirait beaucoup. Puis on a commencé à jouer à Donjons et Dragons, Warhammer le jeu de rôle tout en étant bercés par Le Donjon de Naheulbeuk et Reflets d’Acide... jusqu’à ce qu’un beau jour on emprunte à nos pères leur matériel d’enregistrement, un vieux micro d’environnement à pile qui avait une ouverture allant jusqu’à 180° et une boite noire qui transformait les sons entre le micro et l’ordinateur (elle faisait des flanger, « wahwah », échos, augmentait les aigus, les graves…).
La qualité sonore était extrêmement mauvaise et le seul logiciel de montage que j’avais sous la main ne m’autorisait que 2 pistes superposables. Cependant nous nous amusions beaucoup, 4 épisodes d’une première saga furent réalisés : « Cryptes et Crapauds » (sick). Nous n’avons jamais regretté de ne pas l’avoir mise en ligne. Néanmoins elle constitua un excellent entrainement.
A partir de là, Azirianth a acheté un vrai micro, un vrai logiciel... non, deux en fait (cf. dans deux questions). Et je tiens à insister fortement sur le fait qu’il les a achetés ! Mais ce n’est pas comme s'ils se trouvaient désormais facilement en torrent... Athanase est arrivé, on lui avait entre temps donné l’envie de se lancer dans la saga audio et il s’était lui-même échauffé avec « les Mémoires de Tyr Calydon », parodiant le jeu de rôle Warhammer.
Tous les 3 nous avons alors commencé à travailler sur un nouveau projet de saga audio, « Auroria Cretinum ». A ce moment-là, nous étions en début de 1ère. Quoique, j’abrège un peu, je ne suis pas sûr pour les dates et certains enchaînements des faits...
Bon, à partir de là, la saga était lancée. Du moment que nous passions de bons moments entre potes, la saga ne pouvait qu’avancer.

D'où proviennent vos auditeurs et comment faites-vous la promotion de votre travail ?

A part un site internet dédié à la saga, on ne peut pas vraiment dire que nous ayons fait une réelle promotion. Pendant un temps, on a quand même essayé de se faire connaître sur Netophonix, mais je crois qu’on n’a pas voulu en faire trop. Avec le recul je pense que nous nous sommes quand même montrés un peu timides. Nous avons également un blog présentant l’encyclopédie des Terres de Nyrr afin d’enrichir l’univers d’Auroria Cretinum, de lui donner une profondeur supplémentaire.

Comment se passe la création d'un épisode, de la rédaction du script à la mise en ligne ?

La rédaction des épisodes passe de main en main, en général c’est Azirianth ou moi qui initions l’écriture. Athanase repasse derrière et appose souvent sa patte. Ensuite on trouve un temps tous les 3 pour enregistrer, une soirée, une après-midi. Les modifications de voix, l’ajout de filtre se font sous Sony SoundForge 9. Le montage des voix, l’ajout des effets est opéré sous Magix Movie Maker Deluxe 16. Ce logiciel est juste super pratique, il permet d’étaler le travail sur un grand nombre de pistes, en général une par personnage et les autres pour les effets, les ambiances. Ajout de filtres d’ambiance sur les voix si le scénario l’exige. Disposition droite-gauche des sons, transitions, déplacements. Masterisation et enregistrement sous format mp3 320 kbit/s… Mise en ligne ! (oui, je l’avoue, en général c’est plutôt moi qui m’occupe du montage ^^)

Quels sont vos projets futurs dans la sagasphère, si vous en avez ?

Actuellement, rien. Voilà ! Des projets on en a, mais ça ne touchera plus la sagasphère. Nos scripts ont beaucoup d’avance sur la saga audio, et l’histoire n’est pas abandonnée. On a seulement décidé de changer de support. J’ai donc hérité pour ma part de la transcription en bande dessinée. Azirianth quant à lui reste au montage audio, mais s’oriente vers des créations musicales. Athanase est très occupé par son BTS en infographie, vraiment très occupé. Enfin bon, cela ne l’empêche pas de m’envoyer plein d’idées. Il touche un peu à tout : Flash, Photoshop, Maya, Blender, que sais-je encore…
La raison de l’abandon de l’audio ? Trop de difficulté à trouver du temps pour l’enregistrement et un lourd constat : la voix d’Azirianth a trop changé et les répliques ne sont plus raccord. Par contre, des délires audio ne sont pas à exclure puisque nous avons toujours le matériel d’enregistrement sous la main.

Merci beaucoup à Grinnwald des Grymtos pour sa bienveillante contribution !