Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Rentrée 2013 , n°21

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom Sur... Weird West

Weird West

Présentation

Weird West est une saga MP3 de Cendar le Rouge, s’apparentant au genre fantastique dans un contexte western. L’univers reprend en partie celui du jeu de rôle Deadlands, dans lequel la conquête de l’Ouest se corse de la libération de puissances-qui-n’auraient-pas-dû-revoir-la-surface-et-ces-sortes-de-choses (ndlr : en fait, je n’en ai aucune idée, j’affirme au hasard. Esprit journalistique, oh je le possède...).
De quatre choses l’une. Des mineurs ont remonté des tréfonds de l’Ouest une mystérieuse roche qui brûle mieux que le charbon mais répand des plaintes de mourant. Angelina et Lisa, deux sœurs traquées par des créatures maléfiques, fuient le Mexique en direction de la frontière avec les États-Unis. Deux chasseurs sachant chasser pourchassent un ver géant d’Arraki... d'Amérique. Quelque part en Afrique, un lord anglais et son valet recherchent les légendaires mines de Salomon, dans lesquelles il serait enterré (... logique !)
Réalisée d’octobre 2011 à juin 2012, apparemment en pause depuis (ndlr : un erratum est apporté par l'auteur dans son interview), la saga a le mérite d’explorer un contexte différent des habituels medfan et space opera comiques ; le bouche-à-écouteur ne l’ayant guère propulsée, voyons si ses « deux épisodes » (répartis en quatre fichiers pour trois quarts d’heure de voyage) valent le coup d’oreille.

Critique

L’histoire s’ouvre sur le monologue d’une voix usée. Celle-ci nous raconte sa vie, et comment elle a basculé. Ha ha ! Ça oui, elle a basculé. Cette sombre introduction se c oupe d’une scénette destinée à mettre en lumière le jour où — ha ha ! — tout a basculé. (Il est, semble-t-il, de bon ton pour un personnage cynique de caser des « ha ha » au milieu de ses phrases, dans la quelconque dimension parallèle où ça n’équivaut pas à réclamer des gifles). Si le jeu d'acteur du second personnage est en léger décalage avec l’action, et si celle-ci ne casse pas des briques à un canard, on peut concéder que le prologue joue son rôle de mise en bouche à l’univers de Weird West. Par la suite, nous n’entendrons plus parler de ce personnage à la voix usée, pour des raisons qui ont le mérite de ne pas rester mystérieuses.

Alors commence le premier épisode, celui qui doit nous présenter ceux qui, ensuite, seront nos véritables protagonistes. Parlons d’eux : de leur voix.
Le narrateur s’offre le luxe d’une absence de pitch. Sa diction n’écorche pas les oreilles, et il est bien utilisé — sauf les passages ja-mais-vus [/ironie] où il insulte le scénario à grands coups de « les personnages sont nuls » ou encore « l’intrigue n’avance pas » (je précise pour ceux dans mon genre qui ne pourraient s’empêcher de hausser les sourcils en cas d’auto-dépréciation gratuite).
Angelina, premier personnage que nous rencontrons, non contente de subir un pitch +25 qui s’entend et qui fait pleurer de la cire par les oreilles, traîne aussi un accent mexicain à couper au couteau. (Alors que sa sœur non. Voilà qui bouscule toute la théorie des accents, selon laquelle les mexicains ne sont pourvus d’oune ridicoule accent qué lorsqué ils parlent anglais enne versionne oriyinale). Elle pratique aussi le comique de répétition.
À cette image, dans toute la saga, les voix féminines font un peu froncer la narine, mais les masculines se défendent très bien — surtout qu’il semble que le créateur les fasse toutes. Heureusement, me direz-vous, le nombre de femmes s’élève à deux.

Comme déjà évoqué en présentation, Cendar le Rouge a choisi de partager son action en quatre fils narratifs – dont un coupé dès le prologue, à vrai dire, aussi disons trois – puis de se plaindre qu’il a du mal à gérer l’action de chaque côté via son narrateur. Jamais vu, n’est-ce pas ?
Si les deux premières histoires se rejoignent à la fin des deux épisodes, le lien du lord anglais avec le reste du bazar demeure mystérieux. (De plus, toutes les péripéties de ce monsieur sont assez, comment dire avec tact... dépourvues d’utilité, au point d’en tuer l’intérêt).
Malgré ces ruptures et ces aveux de faiblesses, certains passages conservent toute leur charge dramatique sympatoche, telles la poursuite du crotale mojave, l’arrivée des spectres ou encore la traversée de la frontière. Des hauts et des bas, donc. Et une méconnaissance injuste, comme qui dirait. Par contre, si les épisodes suivants ne devaient jamais sortir, coupez la scène finale : elle ouvre un nouveau fil narratif pour la saison d’après, de quoi la rendre au mieux inutile et au pire frustrante.

Pourquoi écouter ce qui jamais fin ne trouvera, me direz-vous ? L’ambiance. Le désert ; un poil de mystère ; et pouf, vous y êtes. Ce « Weird West », comme on dit outre-Atlantique (façon de résumer « fantastique au pays des cow-boys »), n’a hélas pas l’occasion d’exprimer tout son potentiel pour la simple raison que tous les personnages baguenaudent en pleine nature ou du moins hors-civilisation : la transformation technique uchronique annoncée ne se dévoile donc jamais, à un détail près — un fusil.
En revanche, vous n’êtes pas venus pour l’humour. Je ne veux pas dire qu’on ne rigole pas, plutôt que ce n’est pas une raison d’écouter cette saga plutôt qu’une autre : elle est classique, la marrade, voire enquiquinante sur certains passages.

Le son se défend encore à l’heure d’aujourd’hui. C’est même pour ça que j’écris cet article. Sauf le pitch excessif sur Angelina (je n’en démordrai pas : ce genre de détails a mal vieilli). Certes, quelques bruitages donnent envie de sourire en citant « cheval_qui_hennit.wav » ou « explosion.wav », mais c’est là notre lot à (presque) tous.

En résumé, Weird West vaut le coup d’oreille, si si ! À condition de sauter au vol sur les nombreux passages très sympatoches et de laisser de côté les quelques maladresses de débutants (aurais-je oublié de préciser qu’il s’agit d’une première création ? Suis-je sotte...), vous passerez un bon moment dans un cadre qui ne manque pas d'originalité dans le paysage des aventures en MP3.

Interview

Sous l’injonction de Son Excellence mon rédac’chef, jamais avare de conseils gratuits, j’ai remonté une piste qui m’a menée jusqu’à un petit village de l’Ouest Lointain. Les locaux – au sens français et non espagnol – m’ont indiqué la résidence d’un certain Cendar, dit Le Rouge, créateur de la saga Weird West que j’ai l’honneur de présenter en ce numéro. Le regard lourd par-dessous le bord du Stetson, le sieur accepta de répondre à quelques questions.
(Le lecteur doté de bon sens aura compris que j’exagère pour l’intensité dramatique. Dans une basse vision cartésienne des choses, il s’agissait d’un courrier électronique.)
(Je sais, ça décroît en charme.)
(Mon honnêteté me perdra.)

MagP3 : Bonjour Cendar, ou y a-t-il d’autres sobriquets plus courants ?

Bonjour @now@n, et bonjour à l'équipe de MagP3 ! Bonjour aussi à tous les auditeurs de sagas MP3 ! Tout d'abord, merci de porter de l'intérêt à ma modeste personne , c'est un honneur d'avoir droit à quelques lignes dans votre webzine.
En fait, Cendar Le Rouge est le pseudo que j'utilise le plus couramment depuis quelques années, suite à une obscure partie improvisée et relativement burlesque de Donjons & Dragons, un soir de pleine lune chez des amis. J'y jouais le rôle d'un vieux (très vieux) magicien barbu, spécialiste dans l'invocation du feu. Mais j'avais deux problèmes contre lesquels je ne pouvais rien faire. Le premier est que j'étais complètement sénile et que chaque fois que j'essayais de lancer un sort, il y avait de grandes chances que tout parte en sucette en brûlant la moitié du royaume. Le deuxième problème c'est que j'étais affublé d'une malédiction qui m'obligeait à vivre dans une cabane de bambou. Je vous laisse imaginer les désastres que cela à engendré. Depuis, une de mes phrases fétiches que je ressort souvent ou que je mets en signature, me suit partout : "Un grand invocateur du feu dans une hutte de bambou, c'est MAL !"
Pour tout vous dire, quand j'ai décidé de faire Weird West, j'ai longuement hésité à utiliser soit mon vrai nom, soit mon pseudo. Ce fut un débat houleux avec ma conscience : "Que faire ? J'assume totalement en mettant mon vrai nom, ou bien je me cache derrière un pseudo ? Quel sera celui qui sera le mieux retenu par les auditeurs ?" Puis, voyant que pratiquement tous les autres créateurs de sagas utilisaient un pseudo, j'ai opté pour cette solution, tout en ne cachant pas mon vrai nom qui est trouvable facilement avec une petite recherche sur internet.

J'utilise également un autre pseudo, celui de Salakis, qui est un vieux pseudo que j'utilise depuis mon enfance, lorsque j'écrivais une feuille de chou avec deux autres amis et que nous comparions nos plus belles bêtises écrites. Je l'ai déterré quand j'ai créé mon site web pour faire un clin d’œil à ces deux amis en question, mais cela n'a pas de rapport avec les sagas MP3 et je ne vais pas m'éterniser sur le sujet.

Merci. Début 2011, vous avez présenté sur Netophonix le prologue, et cinq mois plus tard le premier épisode de votre saga MP3 Weird West. Comment la résumeriez-vous vous-même ? Ou comment la décririez-vous, si vous ne tenez pas à la spoiler ?

Weird West est avant tout une saga MP3 légère, se situant à l'époque du far-west en Amérique. Sauf que dans ce far-west ci, des événements différents de ceux que l'on connaît ont eu lieu et ont changé la face du monde. Un nouveau combustible qui brûle bien mieux que le charbon à été découvert et a permis l'élaboration de machines et d'armes incroyables légèrement steampunk. De vieilles légendes indiennes ont refait surface et on parle d'esprits rôdant dans l'Ouest sauvage, de créatures mythiques et autres joyeusetés qui mettront à mal les personnages principaux de l'histoire. Ce monde est basé sur un jeu de rôle que certains connaissent certainement : Deadlands.
La saga suit actuellement les sœurs Lopez, Lisa et Angelina, contraintes de fuir leur maison natale suite à une révélation du maître chamane d'Angelina. Cette fuite les mènera vers de formidables aventures et elles feront des rencontres pour le moins... étranges.
Je pourrais rajouter que j'essaie de faire correspondre quelques éléments réels à mon histoire ; comme par exemple, à un moment donné, Lisa demande à Angelina de faire une danse de la pluie, mais elle répond que ce ne sont que les Hopis et les Cherokees (tribus indiennes) qui savent le faire. J'ai effectué quelques recherches sur le net pour vérifier cette information, j'ai trouvé une carte de l'Amérique avec les différentes régions des principales tribus indiennes... Bref, j'essaie de coller avec cette réalité alternative du mieux possible, je trouve que ça ajoute à la crédibilité du monde, même si le ton est plutôt léger et même parfois complètement burlesque.

Il y a de multiples moyens de raconter une histoire. Pourquoi avoir choisi le son ?

Pour vous répondre, je vais devoir faire un petit retour en arrière. J'ai toujours aimé écrire des histoires. Depuis tout petit. A l'école, j'avais toujours mon bloc-notes ou mon petit cahier dans lequel j'écrivais constamment. Pendant les pauses, à midi, ou chez moi. J'écrivais des histoires fantastiques, de S-F, ou de fantasy la plupart du temps, car je trouvais "nul" d'écrire des "choses réelles" et je trouvais que la lecture devait permettre de voyager dans l'imaginaire, "et puis c'est tout !" (Mon avis à changé depuis, mais je continue d'écrire dans ces genres-là, car c'est ceux que je préfère).
Ensuite pendant quelques années, j'ai un peu laissé tombé l'écriture.
Puis, dernièrement (en 2010), un ami est passé à la maison avec ses propres textes. Je les ai lu, et je ne sais pas pourquoi, cela m'a déclenché une envie irrépressible de me remettre à raconter des histoires. Depuis, je n'arrête plus. Avec cet ami, nous avons décidé de nous mettre en commun pour raconter le plus d'histoires possibles, quel que soit le support. Nous avons donc créé un site web pour y répertorier nos textes et tester les autres moyens d'expression à notre disposition (dessin, vidéo, audio...). Je connaissais déjà le Donjon de Naheulbeuk ainsi que pas mal d'autres sagas. Une fois notre site créé, il m'a paru normal de m'essayer à la saga MP3. J'ai donc commencé à écrire le prologue de Weird West dans cette optique-là : tester l'utilisation de ce support, et si ça me plaît, continuer.

Vous m’avez appris lors de notre prise de contact, et j’ai dû corriger mon article en conséquence, que le prochain épisode de Weird West était bel et bien en préparation. Votre objectif est-il d’achever cette histoire, ou simplement de continuer pour voir où elle mène ?

Absolument ! L'épisode 3 est en préparation ! Malheureusement, comme j'ai plusieurs projets en cours dont un en particulier qui me prend beaucoup de mon temps libre, je n'ai pas pu l'avancer aussi vite que je ne l'aurais voulu. Vous savez ce que c'est, pas toujours facile de trouver du temps entre le boulot, la vie sociale et les autres passions, pour s'enfermer dans sa caverne et enfin avancer la saga. Pas d'inquiétude, il viendra quand il viendra, mais il viendra!
Pour ce qui est de la question, je pense qu'il y a plusieurs façons d'écrire, et que chacun à la sienne suivant le moment. Il m'est arrivé de commencer sur une page blanche et de commencer à écrire sans savoir ce que j'allais raconter, puis les idées viennent au fur et a mesure, se mettent en place pour finalement devenir une entité. Et parfois, je prépare à l'avance. Dans le cas de Weird West, j'ai déjà le fil rouge de mon histoire, je sais où vont aller mes personnages, quels sont les éléments clés qu'ils vont rencontrer, et plus ou moins quelle sera la fin. Je suis donc déjà bien préparé pour la suite et j'ai bien l'intention de finir au moins la première grande partie de la saga. Je me suis quand même laissé pas mal de blancs pour me permettre des divagations. Par exemple, les personnages de Georges et Junior (clin d’œil à Tex Avery pour les connaisseurs) n'étaient absolument pas prévus au départ, mais je les ai rajoutés sur le vif car je trouvais sympa le cliché des deux malfrats, l'un complètement débile et l'autre juste très méchant.

Avez-vous l’impression que j’ai oublié des questions importantes en bâclant mon interview, et souhaitez-vous corriger cette injustice dans un dernier mot ?

Haha, non pas du tout ! Mais du coup, je vais en profiter pour vous donner encore quelques infos inédites qui pourraient vous intéresser, ainsi que vos lecteurs.
Il est fort possible que je fasse d'ici peu une deuxième version de l'épisode 1, remaniée et mixée par un ami preneur de son qui a proposé de me montrer quelques ficelles pour améliorer mes enregistrements. Le scénario sera un peu remanié, car je trouve cet épisode un peu trop longuet et il mérite d'être raccourci à certains endroits.
Je vais également bientôt sortir une nouvelle saga MP3 de S-F cette fois. L'épisode 1 est déjà écrit et il faut encore que je trouve le temps d'enregistrer.
Et pour finir, si vous ou vos lecteurs souhaitez voir nos autres projets, avoir des news sur l'avancée des épisodes ou juste cliquer frénétiquement sur des pages internet, je vous invite à aller sur notre site et/ou à vous inscrire sur notre page Facebook.

Merci de vos réponses, et bonne continuation pour tous vos projets personnels et en collaboration.

Merci à vous ! A très bientôt dans la sagasphère !

@now@n