Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Eté 2012 , n°16

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom Sur... Les Yeux de l'Ange Bleu

Présentation de la saga

Les Yeux de l'Ange Bleu

Londres, 1935. Harry Buxley, étudiant cynique en archéologie, s’ennuie ferme. Le professeur Artémus Kee lui propose alors une petite expédition, qui validerait son année : retrouver deux vieilles pierres oubliées, « les Yeux de l’Ange Bleu ». Intrigué, mais surtout intéressé par Laura Lorapas, fille adoptive du professeur, Buxley accepte sans condition ! Ainsi commence une aventure épique, qui les conduira à affronter des nazis, explorer des cryptes de chevaliers du Moyen-Âge, fouiller des bibliothèques, et explorer un passé parfois douloureux. Passé, présent, futur… Ou bien rien de tout cela ? Où commence le rêve, monsieur Buxley…
Après avoir diffusé sur PRUN’ sa saga « Aussi loin que s’en souviennent les lilas », Antoine Rouaud enchaine directement avec un nouveau feuilleton : « Les Yeux de l’Ange Bleu ». Une saga qu’il présente sur Netophonix un peu timidement. « Moins bon techniquement, moins bon dans le jeu… ». Quel modeste, ce Buxley !

Découvrez la bande-annonce originale des derniers épisodes de la saga !
Bonus

Critique de la saga

(Attention, la critique qui va suivre est purement subjective. Mais genre « CARRÉMENT » subjective. Venez pas vous plaindre après !)
« Les Yeux de l’Ange Bleu » m’a marqué au fer rouge, et reste aujourd’hui, à mes yeux, la meilleure saga mp3 que j’ai jamais entendue.

Tout commence avec une légèreté agréable. On rit devant la répartie de Buxley, celle tout aussi cinglante de Laura Lorapas. Les répliques fusent, s'enchainent, et se battent en duel, pour notre plus grand bonheur ! On s’amuse avec les noms idiots (je veux dire : le chevalier « Férinchoix Cédur » ! Sérieusement, les mecs !), avec les situations loufoques, les personnages caricaturaux à outrance (mention spéciale pour les deux nazis, merveilleux némésis), les interventions inattendues de personnages oubliées. C’est vrai, on soupire parfois devant des gags un peu trop lourd (qui impliquent généralement de l’urine), mais c’est chiure de mouche face aux nombreux bons mots, aux belles répliques savamment interprétées, et aux situations exquises qui ponctuent ce feuilleton.

Et puis il y a l’épisode 60. Où tout bascule. Une scène étrange, presque psychédélique, qui m’a empêché de trouver le sommeil le jour ou je l’ai écouté. Là, on atteint un point de non-retour. Bien sûr, un peu après, l’humour revient. On rit de nouveau devant un technicien un peu paumé et une réception qui tourne au vinaigre. Mais on sent quand même que quelque chose a changé.
Et puis, au fur et à mesure, les épisodes s’enchaînent et ne se ressemblent pas. L’histoire prend une tournure très différente. On multiplie les mystères, les questions sans réponses. Et après un épisode 100 magistral, une page est tournée. Et on bascule dans un final qui vous prendra à la gorge, aux tripes, pour conclure une saga de la plus belle des manières.

Scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12::

Des dialogues bien écrits, un humour qui fait (souvent) mouche, et une intensité qui s'amplifie dans les derniers épisodes... Voilà ce que j'appelle une écriture de très bonne facture ! Évidemment, il y a quelques blagues bien lourdes, mais c'est quand même remarquable dans l'ensemble.

Jeu d'acteur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12::

Le professeur semble un peu en dessous des deux comédiens de tête, interprétés avec beaucoup de talent par Amandine Ciappa (Laura Lorapas) et Antoine Rouaud himself (Harry Buxley). Les répliques fusent, et les deux comédiens balancent leurs réparties avec brio. Au fur et à mesure que la saga s'intensifie, leur jeu aussi, et Antoine Rouaud est étonnant de justesse dans cet "epic final". Rajoutez à ça deux allemands tellement caricaturaux que c'en est hilarant, et c'est le cocktail gagnant !

Réalisation : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile::

Une mise en scène anodine, devenue ambitieuse, maîtrisée de bout en bout ! Chapeau !

Note réelle, venue du fond du coeur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::coeur::

Cette saga est un miracle, sorti tout droit de vieilles archives radiophonique. Un univers parfois improvisé, parfois parfaitement maîtrisé, qui réussit le tour de force du changement de ton (selon moi, seul Kaamelott et quelques autres ont réussi cet exploit), pour conclure par une transe, presque irréelle, qui frôle le génie créatif.

Cette saga est géniale. Point.

Misterfox

Avis de la rédaction

Kak Miortvi Pengvin : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::
La plus ancienne des sagas de la Wagaprod souffre des "erreurs" de jeunesse de Buxley, bien qu'il ne faille pas oublier qu'elle n'a pas commencé avec les mêmes objectifs que les autres. Ça tire en longueur et c'est parfois poussif mais on peut y voir les prémisses de très bonnes idées, essentiellement sur la fin du passage new-yorkais. Cela reste tout de même une bonne création mais en retrait par rapport aux trois autres.

MimiRyudo : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12:: ::etoile0::
Cette grande aventure qui ne se prend pas toujours au sérieux (bien qu'elle sache très bien le faire à partir de la scène 60) bénéficie d'un mode de narration charmant et désuet, de musiques originales et d'ambiances très immersives, ainsi qu'un bon jeu d'acteur, quoiqu'un peu trop théâtral. On déplorera des dialogues parfois redondants et lourds (le côlon émotif du professeur Kee, le rire diabolique de la baronne...), à rattacher en partie au mode de diffusion radiophonique nécessitant une description des personnages à chaque épisode, et également à un début dans les pas d'Aussi Loin Que S'en Souviennent les Lilas. Quelques souffles émaillent la bonne qualité globale, mais globalement la saga ne fait pas ses dix ans... Enfin, il faut féliciter le travail de l'auteur qui parvient à nous tenir en haleine et à nous surprendre positivement, même au bout de plus de 13 heures de saga, avec un final particulièrement réussi. Bref, une saga à écouter !

Fox : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile12:: ::etoile0::
Cette saga aurait pu prendre une place de choix dans mon petit cœur d’auditeur si je n’avais pas quelques remarques à lui faire. En effet, si il est indéniable que cette saga possède d’innombrables atouts, je lui trouve aussi certains défauts d'importances. Du coté de la réalisation, on sent bien qu’il s’agit de la plus ancienne réalisation du groupe si l’on excepte Aussi loin que s’en souviennent les lilas, mais on a tout de même affaire à un boulot soigné et minutieux. Le jeu d’acteur est très bon, et j’apprécie même tout particulièrement le personnage du professeur Kee. Mais il subsiste quelques points dans le scénario et des partis pris dont je ne suis pas client à 100%, je dois être un des rares à dire que le changement soudain d’ambiance ne m’a pas tout à fait plu au début (la fameuse scène 60), avant de me convaincre petit à petit quelques épisodes plus tard. Bref, j’apprécie beaucoup cette saga, mais contrairement aux autres, elle m’a déçu sur certains points.