Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Eté 2012 , n°16

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Découverte : Aussi Loin que s'en souvienne les Lilas

En 2000, la radio universitaire nantaise PRUN' était diffusée sur une fréquence temporaire attribuée par le CSA. Lorsque l'attribution toucha à sa fin en avril 2000, plusieurs animateurs lancèrent un Prunothon, une loooongue émission de 65 heures. Parmi eux, un certain Antoine Rouaud, auteur de sketchs, proposa de mettre en scène une pièce de théâtre radiophonique.
La fréquence temporaire étant reconduite pour 9 mois, Antoine Rouaud se lança avec Aimé-Bonaparte et Alexandre Lorieau dans la création de son premier vrai feuilleton : Aussi Loin que S'en Souviennent les Lilas.

ALQSSLL est composé de 27 épisodes d'une heure chacun (dont des pauses musicales), avec une diffusion entre décembre 2000 et avril 2001... (Vous avez compté ? Oui... moins de 27 semaines !) En supprimant les musiques, l'épisode 7 (un ensemble d'extraits des précédents épisodes), les épisodes 24, 26 et 27 malheureusement manquants, il reste pour votre lecteur mp3 23 épisodes de 15 heures !
Jusque très récemment encore, Aussi Loin que S'en Souviennent les Lilas était une légende dans le milieu de la sagasphère, un titre qui trônait sur le site de la WagaProd et la page NetoWiki de Buxley. Mais cédant sous la pression d'amateurs du genre, Antoine décida de la mise en ligne sur le site de la WagaProd en mai 2012.

Dans cette saga hautement décalée, on suit Vincent David (aucun lien) et Rebecca Komendéjà, partis se reposer à la campagne, à Bittebourg (...), anciennement Bures (...), pour que le monsieur Dumbo (...) du premier puisse retrouver sa vigueur d'antan. Sitôt arrivé dans ce village du Bas-Rhin (...), à proximité de Moncul (...), Vincent David prend conscience des honteux complots qui menacent la sérénité de Bittebourg. (dites, au fait, juste comme ça, vous avez compris un peu l'ambiance générale ou je vous fais encore d'autres points de suspension lourds de sens ?)
Ajoutez à ça le non-sens qui règne dans la ville, les personnages atypiques que rencontreront les deux amis non amants (Carole, le Maire, monsieur Son Conseil Municipal...), un thème par épisode, et vous aurez la base de chaque épisode.

Découvrez l'ambiance de Bittebourg avec ce remix de rushes retrouvé dans les archives d'Antoine Rouaud
Bonus

Le scénario est assez décousu, et finalement, chaque épisode peut se suivre indépendamment des autres (sauf rare exception). Sur la forme (et uniquement sur la forme !), ça m'a un peu fait penser à une série TV telle que Loïs & Clark, où il y a un scénario de fond, mais où chaque épisode reste centré sur un thème. Ici, bien sûr, pendant une heure, les digressions ont la vie belle et on finit parfois par ne plus bien comprendre où l'auteur voulait en venir... Mais peu importe ! L'épisode en lui-même reste cohérent au final, et je pense que la clarté scénaristique est loin d'être le plus important dans cette saga, où l'humour est le maître-mot. Celui-ci réside beaucoup dans les dialogues assez crus, et les caractères surexploités de chaque personnage : le baragouinage lors de l'énervement de Vincent, le nom Komendéjà de Rebecca... L'humour est très (trop) sexo-gravitationnel, et il y a d'énormes facilités ; toutefois, il faut relativiser au regard du mode assez incroyable de diffusion, et puis il ne faut pas négliger les quelques blagues qui vous amuseront vraiment à chaque épisode.

Le jeu d'acteur est déjà de bonne facture dans cette troupe de PRUN'. La prise de son souffre de quelques défauts qui sont loin d'être honteux, à une époque où il n'y avait pas tous les tutoriels et aides dont nous bénéficions aujourd'hui. Le mixage contient quelques musiques originales, et s'il ne brille pas par un sound design à toute épreuve, ne souffre pas non plus de défaut majeur arrachant les oreilles. Bref, c'est léger mais c'est suffisant.

Voici donc une saga mp3 qui souffre de défauts évidents (humour répétitif et principalement gras, quelques longueurs, mixage pauvre)... Quel dommage aussi que le final soit perdu en audio !
Toutefois, compte tenu du mode de création et de diffusion (une heure de mixage par semaine, avec beaucoup d'enregistrements en direct), c'est déjà incroyable d'arriver à un tel résultat ! En 12 ans, Aussi Loin que S'en Souviennent les Lilas a peu vieilli et reste assurément une saga que tout amateur du genre se doit de tester - sans forcément tout écouter -, pour découvrir un nouveau genre, un OSDI (objet sonore difficilement identifiable) complètement atypique et déjanté.

Aussi Loin que s'en souviennent les Lilas

MimiRyudo