Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Mai 2012 , n°19

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

People : La Chronologie Naheulbeuk pour les nuls (Aspirine vendue séparément)

Au commencement était le Chaos.
Selon le Psaume de la connaissance interdite retranscrit par Skeloss l'Omniscient, "quatre + un" Démons Majeurs naquirent au décours d'une scission primordiale de cet initial Chaos dans un plan vibratoire aberrant. (Expérience interdite en l'absence d'un adulte responsable.)

Le premier de ces Démons, Khornettoh, fut désigné pour être le guide des assassins et des guerriers, capable de déclencher les guerres et la violence sur la Terre de Fangh.
Suivant de quelques instants fanghiens ce Dieu de la Violence ("quelques instants" ça ne veut dire grand chose avant l'apparition des calendriers, mais c'était quand même un peu après), Slanoush le Dieu des Secrets, Vices et Perversions émergea du Chaos pour apporter le doute dans l'esprit vicié de l'Homme.
Tzinntch, Dieu de la Sorcellerie chaotique et Maître des Animaux, apparut ensuite, avant le putride Niourgl, Dieu de la Corruption, des Maladies, de la Mort et accessoirement Maître des Insectes Si Possible Répugnant De Baveries Et Dégageant De Pestilentielles Odeurs.
Enfin, une dernière boule d'énergie fut expulsée, et tel D'Artagnan le quatrième des trois mousquetaires, Dlul devint le cinquième des quatre Démons Majeurs du Chaos. Ses quatre "frères" étant déjà partis, Dlul n'eut rien d'autre à faire que partir en exil à travers les plans vides en baillant - ce qui collait quand même rudement bien avec ses caractéristiques de Dieu de l'Oubli et des Bâillements.

Parallèlement à la scission du Chaos, les planètes se formèrent. Plates, en forme d'assiette, de mousse sur un tronc d'arbre, ou même parfois rondes comme des billes, elles voyaient la vie apparaitre à leur surface. Sur l'une d'elle se forma la Terre de Fangh.

Comme les laits pour enfants, la Terre de Fangh a connu plusieurs Âges (dont certains garantis sans lactose).

Il y eut tout d'abord l'Ere animale, aussi longue qu'un jour sans pain dans un référentiel ogre.
La fête n'était pas franchement au rendez-vous tous les jours, avec tous ces ancêtres d'hippopogriffes, de brebiphants, de castors, de Krakens d'eau douces et autres pré-Vhiscas qui passaient leur temps à se bouffer entre eux.
N'étant pas des Elfes sylvains et n'ayant donc aucune attirance particulière pour les animaux ennuyeux, les Dieux du Chaos peinaient bien à trouver honorable loisir pour occuper leurs soirées.
Ils décidèrent donc de créer des créatures douées de pensées plus ou moins raisonnables.
Ainsi apparut l'Homme en Terre de Fangh en l'an 1 de l'Ere du Chaos (d'autres théories soutiendront que l'homme apparut, créa le calendrier puis inventa des cultes à ces Démons Majeurs inventés de toutes pièces. Toutefois, la vraie question à se poser est plutôt : comment connaître la vérité quand on la tient de gens qui se disent "Omniscient" mais passent la moitié de leur temps à chercher leurs clés ?)

Les Hommes avaient la fâcheuse manie de toujours vouloir se battre contre quelqu'un (on est à une époque où Homme et Barbare sont synonymes). Pendant ce temps, les Nains - également créés par les Dieux du Chaos - creusaient des montagnes et travaillaient le métal à des fins guerrières. Le pouvoir destructeur de ces peuples chaotiques, accru par la création d'outils, était suffisamment important pour assouvir les besoins en divertissement de Khornettoh, Slanoush, Tzinntch et Niourgl. Les dimanches soirs passaient de plus en rapidement.

En 127 de l'Ere du Chaos, les Hauts-Elfes de la lignée des Meuldor arrivèrent sur la Terre de Fangh par l'Ouest, en bateau, probablement à cause d'un souci de communication, d'orientation stellaire et de logistique au sein de l'agence touristique Elven Tours.
Seule espèce de la Terre de Fangh à ne pas avoir été engendrée par le Chaos, les Elfes avaient appris des Dieux de l'Ordre (totalement oubliés désormais) leurs connaissances sur la magie du vent et de la mélodie.
La rencontre des Humains avec les Elfes permit aux premiers de découvrir la magie, et aux seconds l'arc. Le choc des cultures entre les archers défenseurs du verger du Haut-Elfe Andr'Hôs avec les Trolls fut plus douloureux, puisqu'il donna naissance à la célèbre recette de l'Elfe farci aux pommes.

Au cours de ce siècle, les Barbares commencèrent à se diviser. Certains bâtirent fièrement Crôm-Lech, leur premier temple rudimentaire en hommage à Crôm, leur Dieu de la Baston, sur l'emplacement même de la future ville de Glargh (où les Elfes s'installeront en 468). D'autres Barbares, plus pacifistes, préférant les plaisirs de la chair à ceux du sang, instaurèrent le culte de Lafoune. Quelques-uns, enfin, fondèrent l'Empire Koundar.

Le troisième siècle de l'Ere du Chaos fut celui du début de la Grande Guerre du Chaos Contre les Peuples Libres (ou Grande Guerre Contre le Chaos, tout dépend qui raconte).
Un mage, probablement fou, maléfique, alcoolisé et inconscient, incarna Khornettoh parmi les humains.
C'était une très mauvaise idée pour sa propre santé, car tout Démon Majeur exècre les serviteurs des autres Démons - et invoquer Khornettoh quand on est un magicien voué à Tzinntch, c'est à peu près aussi suicidaire que de voler dans le garde-manger d'un Troll.
L'avatar de Khornettoh était un grand démon rouge précédé de légions de Golbarghs et d'autres Démons de l'Ancien Monde. L'image aurait très bien pu s'évanouir aussi vite qu'elle était apparue, cependant la popularité de Khornettoh parmi les Barbares était telle que le Démon Majeur put sans difficulté soustraire l'énergie de ses fidèles pour stabiliser son avatar.

Aussi incarné qu'un ongle mal coupé, Khornettoh alla s'établir dans la forteresse de Tangorodrigue au Nord en 214, sous la protection de taupes mutantes géantes. La même année, Khornettoh envoya des Golbarghs attaquer les Nains sous la montagne (le mystère de faire entrer des Démons de plusieurs mètres dans des souterrains nains fait partie des 7 énigmes du Clay Chaotics Institute dotées d'un gros sac de pièces d'or).
Afin de gagner en efficacité, le Démon Majeur créa les Gobelins en 330, reproduction maléfique et dégénérée des Nains, nettement plus adaptés staturalement que des Golbarghs pour déloger ces nabots de leurs montagnes.
En 260 et 261 de l'Ere du Chaos, Slanoush, Niourgl et Tzinntch furent incarnés à leur tour sur la Terre de Fangh, et en 262 commença réellement la Grande Guerre du Chaos contre les Peuples Libres. Notons au passage que Dlul prit part également à la guerre, avec son armée de Feignasses, en attaquant les guerriers affaiblis ; en quelque sorte, il donnait la pichenette finale nécessaire à l'ultime repos, ce qui était bien moins fatigant que de se battre.
L'émergence de Dieux mineurs date de cette époque : Youclidh, Dieu de la Guérison, Braav', héros ayant agité les bras avec désespoir pour réclamer l'amnistie en 298, ou encore Penipani, Déesse Elfique de la cuisine (chacun ses priorités et les cochons mutants seront bien gardés ensemble).

Les humains barbaroïdes de l'Empire Koundar refusèrent pour la plupart d'aider les Nains attaqués par les Golbarghs de Khornettoh. Toutefois, le peuple oublié de Tamoué envoya quelques bersekers tatoués pour bastonner au nom de Crôm. Ces brutes épaisses arrivèrent sur le lieu de bataille, se battirent, volèrent le secret des armes en acier forgé aux Nains (qui forgeaient déjà de puissantes armes runiques, dont celles du renommé Durandil), rentrèrent chez eux, pieds à l'air, prirent le contrôle de l'Empire Koundar en 300 grâce à leurs nouveaux outils en acier, et décidèrent d'entrer en guerre en 310, parce que la baston, c'est bon. (Ils entrèrent d'ailleurs dans les deux camps).

En 315, Khornettoh s'empara de quelques Elfes pour en faire des Orcs (avant de faire de même avec les Nains et les Gobelins en 330, comme dit ci-dessus). Suite à cet acte peu flatteur pour leur respectable honneur, les Haut-Elfes Meuldor décidèrent de rejoindre Nains et Barbares dans la Grande Guerre contre le Chaos. Ils lancèrent aussitôt des sorts basés sur la musique et le chant, ce qui poussa Tzinntch à faire forger les Guitares-Démons, pour affaiblir ce peuple de l'Ordre.

La Guerre, comme toujours, fut l'occasion de grandes découvertes : la roue (435), la pioche, le marteau de guerre (438), les écoles de magie de Téclystère (470), la monnaie (500), la hache (582), le travail du métal (587, que les Nains maîtrisaient depuis le premier siècle mais n'avaient jamais voulu partager), l'épée (592), le bouclier rond (594), le vin (640) furent les plus utiles.

En 746, presque un demi-millénaire après le début de la Grande Guerre, une poignée d'Elfe se rendit compte que tuer les Démons ne servait qu'à les faire retourner dans le Chaos d'où ils émergeaient par un portail maléfique ; autrement dit, ça ne servait pas à grand-chose. Ils optèrent donc pour une nouvelle stratégie consistant à fermer les portails de restauration démoniaque, à l'aide de chants mélancoliques et déchirants (même si un Elfe préfère chanter des chansons guillerettes, il faut bien ce qu'il faut quand on est entré en guerre contre quatre Démons et leurs serviteurs). A cette occasion, le Haut-Elfe Josué Bovidé dit "La Moustache" terrassa le terrible démon Makkedoh, grand maître des clés des portails, et probablement inventeur du burger à la "fesse de jeune vierge sacrifiée sur portail" (sur place ou à emportailler).

Pour défaire Khornettoh et les Peuples Libres, Slanoush et Tzinntch s'allièrent en 746 et demandèrent à un des leurs, l'aussi beau que fourbe Gzor, de commander aux Guitares-Démons. Cachant ses origines démoniaques sous sa beauté rougissante, Gzor investit la Salutaire et Brave Alliance de Fangh (ou SBAF), et aida les Nains, Elfes et Humains à fermer les portails magiques.
Alors que la guerre semblait en passe d'être gagnée par la SBAF, Gzor révéla sa ruse en faisant vibrer les Guitares-Démons.
Les oreilles des Elfes, très sensibles, s'allongèrent en une étrange forme pointue. La double trahison inattendue de Gzor envers les Peuples Libres et envers Khornettoh entraîna une poussée de Chaos sans précédent en Terre de Fangh, et les avatars des quatre Démons Majeurs gagnèrent ainsi en puissance. Leurs sortilèges lancés simultanément lors de la Bataille des Terres Heureuses n'eut pour effet que de détruire leurs quatre avatars, éclaboussant les Elfes des Chaotiques particules et transformant ces Terres Heureuses en Désert des Plaintes, où les âmes des Nains, Humains et Elfes morts durant la Guerre errent sans fin.
Touchés par le Chaos, les Elfes Meuldor n'étaient plus la seule espèce préservée de l'Ordre, et cette subversion entraîna leur lente dégénérescence vers cette espèce mollassonne et visant mal que nous connaissons tous. Toutefois, avec leur idée de fermer les portails démoniaques, le Beau Peuple avaient sauvé la Terre de Fangh, et c'était déjà pas mal.

Quant à Gzor, il profita du capharnaüm ambiant pour fuir. Téclystère, le plus puissant des Hauts Elfes l'affronta dans un duel sans merci. Le Démon l'emporta, mais avant de mourir, Téclystère le traita de "face de krygonite", une puissante malédiction qui eut pour effet de donner à Gzor l'apparence d'un poulpe multi-tentaculaire - ce qui était immédiatement plus parlant en matière de fourberie, que le bel homme séduisant qu'il était auparavant.
Les autres Elfes tinrent un siège autour de la forteresse de Khornettoh et les créatures la défendant finirent par se manger entre eux au bout de dix ans de siège.
En 757, les Ancêtres des grandes lignées Elfes (Gallahadrillette, Cuitômiel, Unrienmôrn) entourèrent la forteresse d'une puissante magie sonore, afin d'en empêcher toute entrée.
Hélas, l'absence de Téclystère entraîna une faille dans ce voile de protection, et Gzor réussit à investir une partie des lieux pour en faire son château. Ce dernier, devant faire face aux représailles syndicalistes des Golbarghs, décida de diviser les Peuples Libres pour mieux revenir. Il envoya alors des faux-Nains et des faux-Elfes créer de premières discordes.
Lors d'un banquet entre les deux peuples près de Miluej en 840, le mage Tholsadûm, un sbire de Gzor, fut chargé d'arbitrer un concours de chants. En désignant les Nains vainqueurs (avec des chansons tels que la Geste de Gurdil, créée au début de la Grande Guerre), il mit le feu aux poudres et l'incident déclencha une guerre longue de dix années, qui retrancha les Nains sous les montagnes et entraîna la dissolution de la SBAF. L'hostilité entre les deux peuples perdure encore, même si l'origine de leur discorde est bien oubliée.

Au terme de la Grande Guerre Contre Le Chaos, certains Elfes purs repartirent de la Terre de Fangh - il s'agissait en fait des premiers Elfes arrivés aux ports de l'Ouest, car il ne restait que deux navires Meuldor en état de naviguer. Les autres regardèrent avec attendrissement le départ des leurs puis se retirèrent en forêt (Elfes Sylvains), partirent dans les plaines à l'aventure avec Bomotar (Elfes Sauvages), ou se dispersèrent dans les cités humaines avec Futalenor (Ménestrels).
Seule Lucienne, une jeune Elfe, était ravie de rester sur la Terre de Fangh et de voir s'éloigner des concurrentes potentielles au titre de Miss Meuldor, qu'elle remportait annuellement.
En 860, le chevalier Bernard s'éprit de Lucienne. Le père de celle-ci décida de couper court à cette romance en envoyant son futur-non-gendre récupérer le Bâton de l'Ordre perdu par Téclystère lors de son duel à mort contre Gzor - Bâton qui, touché par un tout-être non Meuldor envoie une décharge de puissants sortilèges.
Contre l'avis paternel, Lucienne accompagna Bernard, et tout deux pénètrent dans le château de Gzor, cachés sous un de ces cochons mutants créés en 214 par Khornettoh pour accélérer le traitement des déchets de sa forteresse. Arrivés dans les appartements de Gzor, Lucienne distraya le monstre par une chorégraphie digne de son titre de Miss Meuldor, tandis que Bernard déroba le Bâton de l'Ordre dans des gants de cuir. Gzor s'apercevant de la supercherie arracha l'objet convoité des mains de Bernard, et perdit deux tentacules et un œil suite à la déflagration de sorts de défense... Quant à Bernard-l'amputé-de-la-main et Lucienne, ils vécurent heureux et eurent un enfant.
Ce ne furent pas les seuls à avoir descendance - nous pourrions citer Belgamël et Na'Kuneboë dans le bois de Glandorn, qui furent les premiers à enfanter en découvrant les secrets de Slanoush (hélas, par un malheureux concours de circonstance, Belgamël était amoindri sur le plan intellectuel par un coup sur le crâne reçu durant la guerre, et Na'Kuneboë avait été pervertie par 69 nuits enfermée parmi les démonettes de Slanoush, ce qui fit de leur descendance des Elfes bien éloignés du modèle Meuldor original).
Enfin, un énième coup fourré des fidèles de Slanoush donna naissance aux Elfes Noirs en l'an 940 (ou pendant la Grande Guerre, les données du calendrier ne sont pas toujours très fiables, et quand on voit la complexité du calendrier de Waldorg, mis en place en l'an 98 du deuxième âge, on peut bien se permettre quelques approximations légères).

En 1028, Gzor tenta une nouvelle invasion de la Terre de Fangh, à l'aide du Sombre Katakak, gigantesque araignée maléfique aux cinq cents yeux. Malheureusement pour le démon à tête de poulpe, l'araignée décéda la même année d'une indigestion d'Orcs qu'elle venait de trahir...

Les discordes suivantes au cours de l'Ere du Chaos (EC) sont de moindre importance. On notera le début du calendrier Nain en l'an 1740EC, à la fin de leur guerre civile interminable, et lors du couronnement du roi Dékhon. L'Empire Nain s'affala deux ans plus tard (an 3DN), car la couronne augmentait grandement la stupidité de son porteur, suite à un enchantement de Ghoo Dha, un faux mage de haute lande jaloux.

Vers l'an 2000EC, les humains mirent un terme à leurs combats, d'une façon aussi inattendue et saugrenue d'une page de pub pour des Crevetolas en plein coeur d'une tonitruante action. L'écriture avait été inventée un siècle auparavant, et c'était déjà bien assez complexe comme ça, pour ne pas s'ajouter des combats encore et encore...
Toujours présents, même s'ils n'étaient plus incarnés depuis la destruction de leurs avatars, les quatre Démons Majeurs, échauffés, décidèrent de ne pas en rester là et d'aller poursuivre leurs batailles ailleurs dans l'Univers. Quant à Dlul, il était encore incarné, mais tout ça le fatiguait.


La Terre de Fangh zappa donc sur l'Ere Sans Dieux. Ce demi-millénaire de répit, sans Dieux majeurs, permit la prolifération de Dieux mineurs qui attendaient tapis dans l'ombre depuis longtemps (Lafoune, divinité des plaisirs charnels, Braav', dieu loyal-bon des Paladins dont nous avons déjà parlé, ou encore Adathie, déesse de la justice et des merguez au barbecue...).
La codification de l'écriture (54), la sorcellerie, la magie du feu (60), la bière (67), le découpage du territoire (177), les impôts (187), les banques (234) et le gratin dauphinois (358) furent inventés durant cette Ere Sans Dieux.
Pendant ce temps, Gzor passa son temps à ruminer des plans géniaux dans son sinistre château nordique afin de pouvoir, un jour, devenir Dieu du Chaos à la place des Dieux du Chaos.


Le premier âge débuta lorsque les Dieux majeurs revinrent sur Terre, après avoir achevé leurs combats. N'ayant pas réussi à désigner de vainqueur, les Dieux boudèrent, chacun de leurs côtés, sans se soucier des humains et de leurs Dieux mineurs. Ils devinrent immanents, c'est-à-dire présents dans toutes les actions de la Terre de Fangh qui avaient leurs caractéristiques. Crôm avait fait ça également avant eux, tout à fait par hasard - parce que s'il y en avait bien un qui se fichait d'être un Dieu immanent, c'était bien lui.
Leur simple présence immanente suffit à décupler l'énergie magique, et avec elle les découvertes en sorcellerie et mécanique, permettant l'invention de l'ingénieur (66), des liches (110), de sortilèges tels que le maléfice du Chemin de l'Oubli (jeté dans la forêt de Schlipak par des Elfes imbibés au décours d'un concours stupide en 635) ou encore la Gifle de Namzar (775).

Avec la magie et le retour des Démons Majeurs se multiplièrent les cultes et la mode des regroupements en guildes, cercles, sectes ou écoles de magie... qui nécessitent une petite parenthèse théologique.
Les cultistes de Khornettoh pouvaient (et peuvent encore), en échange de leur âme et d'un rituel ridicule, obtenir une grande résistance à la magie. Sadiques et violents, ce sont souvent des assassins et autres mercenaires sanguinaires. Leur culte, assez brouillon, date de l'an 125 de l'Ere du Chaos.
Ceux qui vénèrent Slanoush sont plutôt des gens louches, bizarres, inquiétants et douteux. Leur dépravation nocturne est inexplicable, même pour les plus fanatiques. La Confession réformée de Slanoush est apparue en l'an 28 du premier âge.
Les fidèles de Tzinntch sont des sorciers, principalement maléfiques et au fort penchant pour le pouvoir facile et la domination par démembrement des adversaires. Ils forment la secte la plus cultivée, possédant une vaste ressource bibliographique. Le Sanctuaire Magnifique fondé en 312, permet annuellement la Grande Consécration du Trilobique - qui pourrait très bien être une cérémonie annuelle dédiée à Dlul tant elle est lente et barbante (on reconnait toutefois la patte de Tzinntch dans la complexité tortueuse des douze rituels qui y ont lieu).
Ceux qui vouent un culte à Niourgl (pour une raison inexplicable et avec un renouveau aussi certain que putride depuis l'an 86) sont d'une incurie sans borne, et revêtent des tenues violettes d'un mauvais goût oculairement insoutenable (attention à ne pas confondre avec un cultiste de Slanoush, habillé de couleurs variées et toujours inexplicables ; ces derniers sont toutefois globalement inoffensifs sur un plan purement olfactif).
Enfin, le culte de Dlul est complexe et divisé en trois ordres, dont l'Ordre de la Béatitude de Swimaf créé en 228 et actuellement dirigé par Gontran Théogal depuis 1488 (du deuxième âge bien sûr).
Quant à Dlul lui-même, il se serait volontairement exilé dans le plan de Zaral Bak, en l’an 536, suite à une altercation avec l'épuisant Dieu Oboulos, et attendrait de pouvoir revenir pour faire disparaître la Terre de Fangh dans la Couette de l'Oubli.

Reprenons notre histoire fanghienne là où nous l'avions laissé avant la parenthèse théologique...
La destruction de l'avatar de Khornettoh avait laissé les Gobelins et Orcs dans un état d'anarchie. Parallèlement à l'émergence de la magie en Terre de Fangh, certains peuples se pensèrent plus fort que leur voisin et les tentatives de contrôle du monde reprirent du plus belle.
Ainsi, Gzor tenta un assaut de Miluej en 345, puis fut renvoyé à son château.
En 502 et 594, les Gobelins attaquèrent les mines de Jambfer avant d'être renvoyés dans leurs montagnes maléfiques. Les Orcs s'unirent en 780 et en 1106 pour attaquer Glargh, mais les Barbares les massacrèrent à chaque fois avant leur arrivée. Au final, leurs échecs successifs poussèrent ces créatures chaotiques à se terrer dans des endroits que toute personne saine d'esprit ne souhaiterait pas avoir à traverser...

De leurs côtés, les Elfes s'installèrent dans les forêts, fatigués des assauts de Gzor et parce que les animaux, c'est rigolo. Les Nains s'ouvrirent au commerce extérieur en 927 pour pouvoir s'enrichir plus vite. Quant aux humains, ils décidèrent de s'organiser administrativement, avec des conséquences parfois utiles, souvent ennuyeuses et toujours destructrices. Citons les bons au porteur (77), la Caisse des Donjons, créée en partenariat avec les Elfes (425) ou encore le Code des Aventuriers de Graapilik (432).

Au cours de la première moitié du premier âge, sur les ruines de l'Empire tribal des Koundar, les humains, réunis autour de Menzorrius, bâtirent les plus grandes cités. De 76 à 782, l'Empire Menzorrien était tout puissant en Terre de Fangh.
Leur travail sur les arts, les armes, les lois (et accessoirement sur la cuisine au four et les géraniums en pots) fut d'importance majeure, permettant l'organisation de la Terre de Fangh en cités et villages de taille croissante. Les Pères Septeurs (dont le Père Nauel) furent désignés parmi le clergé impérial pour mettre de l'ordre dans cette segmentation - ce qui avait déjà été entrepris sans succès durant l'Ere sans Dieux.
Afin d'éviter toute contestation (et de profiter d'une rémunération des actes au nombre de lignes rédigées), les Pères Septeurs écrivirent des textes réglementaires particulièrement tortueux. Cette manie pour l'administration impénétrable agitait les nerfs des gens de la ville. Afin de calmer l'agitation urbaine, les Pères Septeurs décidèrent d'élire des tyrans du carnaval pour organiser des distractions. Ces tyrans se constituèrent en noblesse urbaine de plus en plus puissante et contribua à la chute de l'Empire Menzorrien en 782.
Entre 304 et 450, des Menzorriens firent des expériences magiques dans la cité souterraine de Brelok, sous la forêt de Schlipak (anciennement plaine de Zoug-Amag-Zlong, avant la bataille de 1215EC, rassemblant plusieurs peuples Barbares, Elfes et Nains fâchés). Ils furent dépossédés des lieux par des scorpianides à pattes pointues (puis le mage Voraduk s'installa dans les ruines de Brelok en 782, lors de la chute de l'Empire).

Lors de la deuxième moitié du premier âge, à partir de 795, les avancées Menzzoriennes furent honteusement pillées par les Tyrans du carnaval de la dynastie de Vontorz, qui s'emparèrent du pouvoir grâce aux Trois Bagues de la Déchéance, et firent couler sang, encre et confiture de rhubarbe.
Le Dieu Oboulos profita de l'arrivée au pouvoir de ces tyrans pour pousser quelques humains à instaurer son culte.
La dynastie Vontorz succomba à sa décadence, lors du siècle de Dlul, peu après l'an 1500 du premier âge.

Le deuxième âge commença fort logiquement en l'an I du deuxième âge. Après les Menzorriens et les Tyrans de Vontorz vinrent les Moriacs de l'Ouest, un peuple Barbare qui soutenaient que Crôm détenait le secret de l'acier.
En l'an 52, les Moriacs se réunirent autour du très diplomatique Kjeukien III "la Mule" (diplomatique dans un référentiel barbare, c'est-à-dire ne tuant qu'en cas de non-soumission spontanée, ce qui marquait quand même un sacré renouveau dans la barbarie).
Un schisme religieux survint alors, car les Cardiacs (à l'Est) soutenaient que Crôm avait perdu le secret de l'acier. (En réalité, Crôm avait juste attiré l'attention de ces deux peuples sur lui avec cette histoire de secret de l'acier - tout ce qui l'intéressait, c'était que des gens se disputent, combattent et meurent l'épée à la main, pour accéder à son Valhalla, où l'on peut boire, chanter et bastonner sans cesse.)
Après avoir légèrement tué Kjeukien III dans les roues d'un char en l'an 58, les Cardiacs récupérèrent l'Est du pays, et la guerre entre les deux peuples barbares continua jusqu'à ce que les Cardiacs finissent par se rendre compte en 260 que la régence d'un territoire n'avait rien d'aussi amusant que la balade sur plaine, épée à la main, cheveux au vent, pieds malodorants.
Les Moriacs, eux, restèrent sédentaires et votèrent un système monarchique aberrant en l'an 350, puis s'éteignirent lentement jusqu'en l'an 1000, dans l'indifférence la plus totale.

Globalement, le deuxième âge fut une époque plus pacifique pour la Terre de Fangh. Bien sûr, comme tous les huit cents ans, le Seigneur-Liche Razmor Wushrogg réapparut en 544 (et comme en 1244 du premier âge, il fut arrêté) ; évidemment, Gzor tenta d'asservir la Terre de Fangh en 999 (vainement) ; sans conteste, l'Empereur de Waldorg envisagea d'anéantir les sorciers en 824 (sans sucès) ; ne pas mentionner les révoltes bourgeoises à Glargh en 1414 concernant le prix de la bière serait une grave omission ; et que dire de ces historiens qui ne citent même pas l'invasion de la cité d'Alaykjdu par les Ogres migrateurs en 1496 ?
Mais le deuxième âge fut surtout celui de Goltor l'intrépide (492-577), Nain célèbre pour ses exploits et son bouclier triangulaire. Ce fut l'âge de la consécration de firmes spécialisés en bâtons magiques (Romorfal, 834), en esthétique (Institut Elfique Fanghien pour la Beauté Préservée, 842) ou en armement (Rue des Cogneurs, 892), ou l'âge de l'apparition des hommes-légumes (1012), bien que tout le monde s'en fiche éperdument.

Le deuxième jour de la décade des Moissons Tardives de l'an 1498 du deuxième âge, une étrange compagnie, a priori fière de ses haches, fit son apparition devant la porte du Donjon de Naheulbeuk - bâti en 370 par un type trop fortuné à son propre goût. Depuis, le Chaos reprit de plus belle : huit jours plus tard, des cultistes s'affrontèrent à Glargh pour tenter de résoudre l'affaire de la Couette de l'Oubli ; et encore quatorze jours après, le Sombre Katakak fit une gloutonne apparition dans le stade de la capitale.

Bref, tout ça pour dire qu'il y a de belles balades dans la région.

MimiRyudo