Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Novembre 2011 , n°17

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Découverte : Gueri-Eros

Gueri-Eros

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser songer, Gueri-Eros n'est pas une romance érotique se déroulant pendant la guerre. L'histoire a pour décor temporel la Grèce antique. À partir de là, il y a deux solutions.

La première est qu'il s'agit d'une saga historique, laquelle relaterait des faits se passant sûrement lors d'un évènement connu, comme une guerre, la peste d'Athènes, le procès de Socrate ou qui tournerait autour d'un sujet concernant cette époque, comme les philosophes, l'esclavage, les systèmes politiques helléniques... évoquer toutes les possibilités serait trop long.
La seconde solution serait une saga utilisant des éléments de la mythologie et faisant apparaitre des dieux, des demi-dieux, des créatures, des héros et contant une aventure dans le domaine du fantastique.
Le choix d'Horine s'est porté sur la seconde solution.

Avant de continuer, nous allons signaler qu'au moment de la rédaction de l'article, les trois premiers épisodes sont disponibles.
Malgré la diffusion sans frontières de la saga, il faut rappeler que bien des mythes se sont transmis par voie orale, tradition avec laquelle le format MP3 convient tout à fait. À noter qu'il est peu probable que cette correspondance avec la transmission des histoires légendaires à cette période soit intentionnelle de la part d'Horine.

L'intrigue est intéressante : une enquête sur une maladie qui décime mais dont les victimes ne se rendraient pas dans les Enfers, contrairement à l'habitude, ce qui inquiète Hadès. Cette enquête va se mener sur trois fronts : Hériclos et Filliasse, deux mercenaires payés par Héraclès pour trouver des renseignements auprès d'un oracle, Hadès qui veut identifier la maladie et Athéna à Thèbes. Quant aux antagonistes, on découvre au troisième épisode que deux intrigues sont tournées autour d'eux. Une variété de pistes intéressante au premier abord. L'auditeur a aussi le droit à des courtes apparitions, Dionysos et Cerbère par exemple, qui apportent une petite note d'humour sympathique.
À l'image de la Grèce antique, les femmes n'y sont pas mises en valeur. La narratrice est victime du scénario du créateur, devant conter une histoire qui n'avance pas ; elle laisse planer un mauvais suspens et se plaint d'éléments en effet dommages dans la série. La déesse Athéna y est présentée comme une maladroite, la nymphe principale est nymphomane.

Je rebondis sur les défauts dont se plaint la narratrice. La saga passe des protagonistes aux méchants, puis sur Athéna, et sur les protagonistes, puis sur les dieux, et cette phrase pourrait être longue de dix lignes. Les interventions de certains, comme le grand méchant ou Athéna, ne sont pas toujours pertinentes ni drôles et ralentissent le rythme du récit sans grandement l'enrichir. Cette saga étant la première d'Horine, il n'est peut-être pas si étrange que les textes plongent parfois dans le déjà-vu en matière de tournure de phrases. Par contre, on pourra relever certains éléments montrant qu'Horine a fait quelques recherches ou a des connaissances en mythologie ou en histoire (Mykonos en est un exemple).

L'interprétation est par moment moins bonne que le reste du temps. Mais la mise en scène des combats est généralement bien faite et les parties "action" bénéficient d'un bon traitement, agréable à entendre.
Cette saga souffre de défauts de débutant, comme les textes et la claire distinction du microphone appartenant à Rancid-fire, mais la saga se laisse entendre et bénéficie de scènes d'action convaincantes et d'un bon potentiel en matière d'intrigue. Il reste à savoir si ce potentiel sera utilisé.

Dernière chose : il se raconte dans des quartiers malfamés qu'Horine a l'intention de refaire ces trois premiers épisodes.

Waïl Kinderstein