Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Octobre 2011 , n°16

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Découverte : Overdose de Justice

Overdose de Justice

Au vu du titre, on pourrait penser à une histoire de super-héros, un justicier responsable d'excès dans sa lutte contre le crime. On peut aussi penser à un policier, un procureur ou un avocat qui risquerait sa vie pour un dossier, voire plusieurs. Non. Overdose de justice met en scène une « agence » qui fournit à ses collaborateurs des doses d'un produit toxique qui booste, ou plutôt décuple (navré de mon anglicisme, la langue française est assez riche pour trouver le vocabulaire nécessaire) les capacités physiques et mentales tout en représentant un grave danger pour le corps. On les appelle les « doses ». Le terme « justice » du titre ? Il s'agit tout bonnement du but du héros, oui, mais « overdose » ne veut pas dire que le justicier fait du zèle dans notre cas. Un peu, toutefois, car nuire à son corps pour le bien du monde n'est pas l'action la plus répendue.

Un synopsis ?
Dans un immeuble, Smith est contraint de s'injecter une dose pour échapper à ses poursuivants, et comme ça fait « pan pan », ils sont là pour le tuer. Arrivé dans la rue, car il a réussi à s'enfuir, il entre en collision avec un jeune étudiant dans lequel vient se planter la seringue. Le jeune garçon, Thomas, est emmené par Smith et se réveille, malgré le haut taux de toxicité qu'il a dans le corps : cinquante doses. L'agence ordonne alors à Smith de le surveiller et de le garder en observation.
C'était un synopsis.

Le produit qui décuple les forces n'est pas une nouveauté (Asterix, Popeye). Un jeune étudiant recevant des capacités destructrices non plus (Bleach, Death Note). La série n'est donc pas novatrice, mais a le mérite d'avoir un départ dynamique et accrocheur. Avec trois épisodes de huit minutes et quelques secondes chacun, difficile de juger l'intrigue, car les deux premiers ont servi à poser les bases. On retrouve cependant la classique évolution des capacités d'un personnage novice plus fort que la moyenne, un personnage énervant car agité sans cesse, un jeune garçon plongé dans un univers qui lui est inconnu – l'agence et ce qui en découle dans le cas présent – donc un ensemble classique dont l'originalité n'est pas forcément décelable à la première écoute. Le mélange des genres manga shōnen et action/espionnage – l'espionnage n'est ici que de la pure spéculation – n'est pas le style le plus fréquent dans la sagasphère et cela rend la chose intéressante.

Hormis un héros des plus sobres, des personnages en couleur1 typés, et des dialogues qui le sont aussi, car le langage est trop correct, on a des bases censées être amusantes sans être hilarantes. Il y a donc toujours la possibilité de revenir à des bases humoristiques, même si le dernier épisode en date est plus sombre que les deux premiers, justifiant un tant soit peu l'extériorisation du jeu de Diwan. Mais ne montez pas sur vos grands chevaux2, l'interprétation convient tout de même aux personnages de Thomas et de McGregor, l'antagoniste introduit dans le dernier épisode et qui laisse alors la toute première trame en suspens – la mission de Smith – et lance l'auditeur sur une intrigue apparemment basée sur les doses. Ce long terme apparait comme une garantie : l'auteur sait ce qu'il fait, où va sa saga, et l'on peut prévoir qu'elle s'étalera sur une longue durée, avec un scénario bien ficelé.

1 Uniquement dans l'édition DVD Blu-ray !
2 Ni sur vos poneys, pour les petits malins !

Waïl Kinderstein