Il est une science-fiction (plus ou moins) rigolote à base de vaisseaux spatiaux obsolètes et de planètes bizarroïdes – on le nomme alors en général space
opera. Loin de ces courants se situe l'univers cyberpunk : si l'homme touche les étoiles, il n'en a en général rien retiré de bon ; l'urbanité écrasante et déshumanisante
le dispute à la confusion induite par les progrès de la cybernétique. Traduction : c'est un futur qu'il est pas beau, avec des machines/robots/cyborgs/choses hybrides
mécanico-organiques diverses, où la vie coûte cher mais ne vaut pas grand-chose.
Ce sous-genre de la science-fiction apparu dans les années 1980, devenu depuis classique, est resté peu exploré en saga mp31, jusqu'à CHIMERA.
CHIMERA, ça s'écrit en majuscules, pour être certain de ne pas le rater. Il s'agit d'une saga réalisée par une bande de copains qui ne savent pas
forcément où ils vont mais s'amusent beaucoup.
Revenez, malotru, car le résultat n'a rien d'une catastrophe.
L'un des copains de la bande se trouve être le créateur Jay2, connu pour son audiodrama Velvorn, the Bladed Druid3 ; l'univers
très différent, passant de l'heroic fantasy sauce Tolkien au cyberpunk le plus pur, promet un renouveau certain.
Prenons le synopsis.
Ah, notre service-presse n'a pas le synopsis à m’offrir. Bon. Improvisons le synopsis.
La Cité ! Incroyable rassemblement urbain plein d'habitants et de bâtiments – d'où le nom. Les vilaines Corporations (ce qui veut dire « grosse entreprise », mais
c'est plus classe en anglais) tiennent à peu près tout le monde par les bijoux. Elles contrôlent votre nourriture, votre habitat, votre santé… alors même que plein plein de
gens ils font rien qu'à mourir de pauvreté dans des quartiers résidentiels aux doux noms de rêve hippie. Heureusement il existe des hommes qui luttent et se battent et
se défendent et ripostent contre l'injustice de ce monde injuste. Et pis y a les Chimères, aussi, mais c'est un problème d'un tout autre genre. Le genre cataclysme, en fait.
Outre un script sur les chapeaux de roue qui nous jette en pleine action et ne nous explique pas tout immédiatement – les personnages ayant rarement le temps de se
consacrer à cela –, on note des choix de mise en scène audacieux et réussissant leur pari, sans parler d'acteurs très concernés. Le jeu d'acteur en lui-même pèche parfois
par manque de conviction dans un texte pas forcément adapté à la situation, mais cela reste une telle exception qu'elle n'en parvient pas à passer inaperçu quand elle l'aurait
pu. La qualité audio ravit l'oreille du profane – quoique je ne peux rien affirmer concernant l'oreille de l'ingé-son surentraîné. On a cependant noté, non un bruit de fond
qui ne serait pas trop dérangeant, mais un bruit de fond changeant au beau milieu d'une réplique qui l'est bien plus, dans un passage de l'épisode trois.
En résumé, CHIMERA, c'est une saga que vous pouvez vous enfoncer sans crainte dans l'oreille4. Cinq épisodes sortis à l'heure où j'écris ces mots ; le scénario avance son bonhomme de chemin, sans tonitruante fausse note qui viendrait gâcher l’ensemble.
@now@n
1 Voire pas du tout sauf celle dont on parle, mais je craindrais de trop m’avancer.
2 Dont on parle dans ce numéro, ce qui tombe assez bien, avouez-le.
3 Voir article connexe, même numéro.
4 …Mais pas trop profond, parce qu’après, pour l’enlever, c’est directement les urgences.
MagP3 - La Tribune de la Sagasphère
⋅ Édition du 16 Juillet 2011 ⋅ Numéro 15
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