Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Octobre 2009 , n°10

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Zoom sur... Bink

Si les titres ne trompaient jamais sur le contenu d'une œuvre, il aurait été inutile de préciser que Far-western se veut dans le style western.

Dès le début, on parle beaucoup et on parle bien dans la saga, ce qui lui pose problème. Dans l'optique d'un pur western, l'idée d'un narrateur rimant reflète le problème : des textes trop intellectuels pour le genre, esprit intellectuel aussi reflété par le second rôle, ce qui fait émettre une réserve sur la question visant à savoir si Bink cherche à faire un western « à la dure », surtout en raison de diverses scènes intimes et de l'interprétation enjouée de certains acteurs.

Concernant le jeu, là encore, l'appréciation varie selon la réponse qu'on donne à la question émise. Si les personnages interprétés par le créateur se fondent bien avec le style, quoiqu'incarnés parfois nonchalamment et sont parfois féminins mais joués par un homme, il y a mauvaise pioche quant à ceux dont un invité enfile le costume. Un Celebo jouant un Danny à la voix d'un playboy semblant venir de Friends ou d'une autre série états-étasunienne du genre, Ink of Sound dans le rôle d'un hors-la-loi trop déjanté. Le marshall de Passa Brava est peu vif pour une saga qui, dès le départ, semble vouloir montrer un farwest sévère.

Concernant ce farwest rigoureux, s'il est présent dans le début, il fait petit à petit place à la diversité, avec des scènes du quotidien ou des scènes privées variant du registre auquel on aurait pu s'attendre. Où passe la sévérité des deux premiers épisodes ? Si Far-western ne devient pas une saga gentille, le faible du héros pour l'action tend à disparaitre. Même si, à la fin du troisième épisode, il y a une bataille et des échanges de coups de feu, l'intrigue devient beaucoup plus tranquille en comparaison du début où les altercations s'enchainaient : un marchand, interprété par Pen of Chaos, vend ses produits, deux personnages clé sortent en tête-à-tête, mais ceci pour laisser place à une intrigue apparemment basée sur la suspicion et les secrets. Cette ligne que suit la saga n'est malheureusement pas bien mise en avant, mais le ton des scènes qui l'abordent correspond à celui de certaines anciennes séries télévisées des USA : un rythme appuie la révélation par étape.

Si les moments peu remplis sont le point faible de la saga en raison d'un sifflement, Far-western propose tout de même un ensemble textuellement intéressant et un déroulement à rythme variable, offrant ainsi des moments d'action ou de duel insultant et d'autres de discussion et dialogues d'esprit, en passant aussi par d'autres instants où les personnages voient leur personnalité mise plus en avant, rendant les rencontres intéressantes et surtout permettant de mieux les situer. La mise en scène est correcte et les textes la soutiennent bien, quoique le décor manque parfois d'être parfaitement rempli. Et on trouve du rythme, quasiment rien ne traine en longueur, ceci étant dû à la variété des scènes qui se suivent.

En bref, Far-western peut décevoir pour la manière d'aborder le genre, mais surprend en bien celui qui craint que la saga n'essaie mal le style western spaghetti.

Son : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2::
On regrette certains bruitages qui jurent avec le reste et la présence d'un sifflement à certains moments de la saga.

Texte et scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Plaisant pour qui aime les jeux de mots, mais convenant peu au style. Un déroulement assez surprenant pour le genre.

Interprétation : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2:: ::etoile0:: ::etoile0::
Un peu de punch ne serait pas de refus, ainsi que moins d'excentricité, mais le ton de Bink y est.

Réalisation : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::
Si la saga compte beaucoup sur la musique comme soutien, la visualisation de l'action est aisée et l'ensemble assez complet.

Waïl Kinderstein

Avis de la rédaction

Caroth: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Les voix sont un peu monotones, mais offrent plus de diversité que dans Le Peuple de la Terre du milieu. L’idée du narrateur qui parle en rimant m’a beaucoup plu.

Melfice: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2:: ::etoile0::
Bink s'est visiblement amélioré sur cette seconde oeuvre (et je l'encourage à la poursuivre) et a réussi à conserver son style qui lui est propre. C'est meilleur, donc mieux.

Simontheb: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0::
Le scénario de Western intéressant et la réalisation honnête sont gâchés par le manque flagrant de diversité des voix dans les premiers épisodes.