Retour à MacP3 Autres numéros MagP3 ⋅ La Tribune de la Sagasphère ⋅ Octobre 2009 , n°10

 

MacP3

La Tribune de la Sagasphère

Découverte

Squill :: Pèlerinage

Présentation de Squill

C’est à l’âge de 12 ans que Squill, bercé très jeune par les voix de Pen Of Chaos, Knarf et JBX, décide de se lancer dans la création de fichiers audios avec son cousin Jed, avec qui il partage déjà une passion pour les courts-métrages vidéos.

Deux ans plus tard, Squill arrive sur le Netophonix avec en tête le scénario d’une saga à l’intrigue très complexe, Auryn. Son comparse Karottes se désistant momentanément, Squill fait une pause dans l’écriture des épisodes et se consacre à une nouvelle idée : Pèlerinage.

Avec cette saga, il franchit le pas et devient acteur et monteur. Créateur de cette saga de « lyrisme fantastique » débutée en août 2008, Squill enchaînera avec deux autres projets : Break (novembre 2008) et Histoirette d’un homme (concours de l’été 2009), toutes deux disponibles sur SNProd (Squill et Nathlem, tous deux en solo, hébergés par Karottes).

En parallèle, il interprète des personnages dans de nombreuses sagas (citons Temportion – dont il est le scénariste –, Derniers jours, Commando 666, Supremum…). Et si Squill est régulièrement recruté par les créateurs de la sagasphère, il le leur rend bien puisqu'entre les épisodes 5.1 et 15 de Pèlerinage (soit 13 épisodes), il a invité 14 guest-stars !

Présentation de Pèlerinage

Un adolescent quitte son village natal pour faire des rencontres et, si possible, se faire des amis. Mais sur la route, il ne croisera que des gens possédés, ne pouvant parler qu’en rimes, en allitérations ou en alexandrins : pas vraiment de quoi en tirer une saine amitié. Sans se soucier du sort de ses contemporains, il poursuit sa quête, et va finalement découvrir qui il est réellement : le chevalier Sans-Nom… Ce qui ne changera pas la bizarrerie de ses rencontres, mais lui donnera un nouveau rôle vis-à-vis d’elles.

Le style de la saga, défini par l’auteur lui-même, est du « lyrisme fantastique ».

Avec 17 sorties (l’épisode 5 étant divisé en trois parties), Squill a réussi la performance de tenir pendant un an le rythme soutenu d’un épisode toutes les trois semaines, malgré les emplois du temps variés de ses 14 premiers invités.

Critique

Des guest-stars et du lyrisme : voilà ce que l’on retient de Pèlerinage. Et c’est ce qui fait la force et la faiblesse de cette saga :

La force, car retrouver à chaque épisode (à partir du 5) une nouvelle voix du paysage sagasphèrique est un réel plaisir, surtout lorsqu’on sait le texte que peut lui réserver Squill. Plaisir qui, visiblement (ou auditivement), est partagé par tous ces acteurs, qui s’en donnent à cœur-joie pour proposer un personnage à la hauteur de l’hôte, à qui le rôle du chevalier Sans-Nom sied à merveille.

Mais aussi la faiblesse, car les épisodes s’enchaînent et après une heure et demi d’écoute, à se régaler ou subir (selon l’auditeur) les mots, les phrases balancés sur un rythme endiablé et frénétique par des personnages en pleine décompensation maniaque tombant sur le héros comme toutes les philosophies du monde sur Candide, on se retrouve à la fin de l’épisode 15 et, à la manière du lecteur qui se sent ici obligé de relire le début de la phrase, on a bien du mal à se rappeler du but du héros. En effet, après 4 épisodes introductifs plus proches de monos que d’une vraie saga, la forme a finalement continué à prendre le pas sur le fond, même lorsque l’intrigue commençait à se mettre en place (épisode 5). Ce qui est dommage car du fond il y en a : ce personnage passif, en quête d’amitié et d’identité, parti voir si l’herbe de l’autre côté de la vallée est réellement plus verte que la sienne, est en droite lignée de Candide et Forrest Gump.

Concernant la qualité générale de la saga, elle est globalement moyenne, entre « légère » pour les premiers épisodes à « bonne » pour les derniers. Contrairement aux textes, le style est sobre et simple. La diction des personnages, théâtrale à souhait, donne un côté médiéval souligné par des musiques (dont certaines d’Aspic) souvent fort bien utilisées.

En conclusion, Pèlerinage est une saga dont on retient l’interprétation des invités et de Squill, et la complexité des textes. Ces derniers font la richesse de la saga, mais un peu de légèreté de temps à autre serait aussi bienvenue…

Dialogues : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2::
Le style des textes vaut à lui seul le détour. Dommage que son omniprésence perturbe la bonne compréhension de l’intrigue…

Scénario : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::
Intrigue qui gagnerait à être encore approfondie sur le thème riche de la quête de l’identité et la passivité du héros. Un énorme potentiel encore trop peu exploité.

Jeu d’acteur : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile1/2::
Quelques soucis d’articulation dans les premiers épisodes qui sont vite rattrapés par la suite. Squill a trouvé le personnage qu’il lui fallait. Quant aux invités, ils se surpassent à chaque épisode.

Mixage : ::etoile:: ::etoile:: ::etoile:: ::etoile0:: ::etoile0::
Pas de faute majeure, ni de réalisation époustouflante. Quelques ambiances et détails du fond sonore supplémentaires pourraient aider à l’immersion, plus ou moins aisée selon les épisodes.

Mimiryudo